1940, le 22 juin une délégation du gouvernement du maréchal Pétain, signe l'armistice avec l'Allemagne, dans la clairière de Rethondes (Compiègne). Adolf Hitler avait expressément ordonné que celà se fasse à l'intérieur du wagon dans lequel l'Allemagne avait signé sa capitulation 22 ans plus tôt. Quelques jours auparavant des éléments de l'organisation Todt investissent les lieux pour remettre la voie ferrée en état, puis sortent le wagon du bâtiment qui l'abritait pour le placer à l'endroit même où il se trouvait en 1918. La guerre en Europe de l'ouest se termine et l'occupation allemande du terrtoire national débute, isolant par ce fait la Grande-Bretagne qui se retrouve désormais seule. Hitler avait planifié l'opération Seelöwe (Lion de Mer) il était prévu que les troupes allemandes débarquent sur les côtes britanniques pour la fin de 1940, cependant il devait avant tout réduire au silence la Royal Air Force qui représentait une menace non négligeable pour les convois empruntant la Manche.

  Le feldmaréchal Herman Göring avait assuré le Führer que sa Luftwaffe était capable d'anéantir la chasse ennemie, mais c'était sans compter sur la détermination des Anglais bien décidés à rester libres. Mais les attaques incessantes des bombardiers allemands tout au long de l'été 1940 ne purent briser la volonté de la RAF qui luttait avec l'énergie du désespoir en essuyant des pertes considérables. A l'automne 1940, il devint évident que les Allemands n'étaient plus en mesure de prendre pied en Angleterre et Hitler décida de reporter l'opération Seelöwe pour plus tard et se tourna alors vers l'URSS, violant ainsi le pacte de non-agression qu'il avait signé avec les Soviétiques en 1939.

  Le Premier ministre britannique Winston Churchill, avait à plusieures reprises demander l'aide aux Américains, mais le président Franklin Roosevelt qui venait d'entâmer son deuxième mandat, ne voulait pas faire entrer son pays dans une guerre en Europe, bien que dans certains de ses discours il évoquait le souhait d'aider les démocraties étrangères. A sa demande le Congrès américain vota en mars 1941 la loi pret-bail, ce qui devait apporter une aide matérielle au Royaume Uni ainsi qu'à l'URSS en second plan. Mais les choses allaient se précipiter suite à l'attaque surprise de l'aéronavale japonaise sur la flotte du Pacifique stationnée dans la base de Pearl Harbor en décembre 1941. les Etats-Unis entrèrent en guerre contre le Japon et ses alliés de l'Axe. (Allemagne et Italie).

  Pendant ce temps les troupes allemandes engagées dans les campagnes du front Est étaient arrêtées non loin de Moscou et ses pertes commençaient à devenir alarmantes. Mais avec l'entrée en guerre des Etats-Unis, Hitler prend conscience que les côtes européennes pourraient servir de tremplin aux Alliés pour une reconquête.  Suite au raid des troupes canadiennes sur Dieppe en août 1942 (opération Jubilee), le Führer ordonne la mise en chantier d'un "Mur" qui devaient couvrir l'essentiel des côtes depuis les Pyrénées jusqu'au confins de la Norvège. Début 1943, les travaux débutent sans entrain et des millions d'ouvriers, dont la plupart viennent des pays occupés, travaillent sous le contrôle de l'Organisation Todt. Cependant lorsque le feldmarechal Erwin Rommel arrive au printemps 1943, pour surveiller l'avancement des travaux, son constat est sans appel. Il s'aperçoit très vite que seuls les points sensibles sont protègés, ailleurs tout reste à faire. Pour lui le "Mur de l'Atlantique" est seulement destiné à rassurer le peuple allemand. Ayant carte blanche du Führer pour accélérer les travaux, il s'y emploi activement en multipliant les tournées d'inspections. Sur le littoral de la Manche sur toutes les plages qu'il juge propices à un débarquement il fait ériger des obstacles, poser des champs de mines etc... Il n'oublie pas non plus la menace des troupes aéroportées et fait planter dans les vastes prairies normandes des pieux accérés destinés à géner l'atterrissage des planeurs et celui des parachutistes et fait également inonder les basses terres à l'arrière des plages creant ainsi des marécages qui deviendront vite un obstacle de taille pour les envahisseurs

  Depuis 1942, Staline  ne cesse de demander l'ouverture d'un second front à l'ouest pour soulager ses troupes qui résitent toujours. En août 1943, une conférence se déroule à Quebec, les délégations anglo-américaines s'y retrouvent pour adopter des mesures pour la suite du conflit. Il fut notamment question d'intensifier les bombardements sur l'Allemagne et d'envisager des opérations en Méditerrannée contre les Italiens. En tant que puissance fournissant l'essentiel du matériel, le commandement des forces expédionnaires alliées chargées de conduire l'ouverture du second front doit être assuré par un général américain. Dans un premier temp le nom du général George Marshall fut avancé, mais ce dernier était le conseillé militaire du président Roosevelt et il ne voulait pas s'en séparer. C'est un général jusqu'alors inconnu qui fut nommé au poste, Dwight Eisenhower, arrivant du front méditerrannéen. Doté d'un bon sens tactique il était parfaitement capable de monter une des plus grande opération militaire de la seconde guerre mondiale.

  Il prit ses fonctions fin 1943, et commença par créer le SHAEF ( Supreme Headquarters Allied Expeditionary Force) regroupant les principaux chefs militaires anglo-américains des différentes armes. A cette époque beaucoup de troupes américaines et canadiennes étaient stationnées en Angleterre et Eisenhower se retrouva leur supérieur. Il devait choisir un lieu pour faire débarquer ses forces et son choix s'arrêta sur les côtes de la Manche, mais les Allemands penchaient plus pour l'hypothèse d'un débarquement dans le Pas de Calais, endroit le plus étroit entre l'Angleterre et la France. Dans cette région la XVe armée allemande était stationnée et attendait les Alliés l'arme au pied. Profitant de celà, des bombardements massifs quotidiens furent conduits pour renforcer la conviction des Allemands, de plus un général américain, le bouillant George Patton, venait de prendre le commandement d'une armée basée sur les côtes faisant face au Pas de Calais. Mais ceci était un supterfuge car en réalité cette armée n'existait que sur le papier, ses véhicules et infrastructures sortaient droit des studios de cinéma et donnaient l'illusion d'une vraie armée que les avions de reconnaissance allemands pouvaient régulièrement photographier. Les Allemands connaissaient bien Patton pour l'avoir déjà affronté en Afrique du Nord et en Italie et il était admiré et craint par bon nombre de généraux allemands. Pour eux c'était une quasie certitude que cette armée finirait par débarquer dans le Pas de Calais.

  Pendant les mois qui ont précédés le débarquement, les mesures de sécurité étaient devenues très draconnienes pour éviter les fuites. Plus le temps passait plus les risques devenaient grands. Beaucoup d'espions à la solde des Allemands étaient présents en Grande Bretagne, dont un des plus connus fut Juan Pujol Garcia qui était identifié par le MI-5 britannique sous le surnom de Garbo. Ce que les Allemands igoraient c'est que presque la totalité des agents avaient été identifiés et retournés par les services secrets britanniques devenant des agents-doubles. A l'approche du printemps 1944, les bombardements s'accentuèrent pour isoler le quadrilatère du futur champ de bataille normand. Les ponts ainsi que les gares de triages de la région étaient systhématiquement visés, de son côté la résistance menait ses actions clandestines. Dés le 1er juin 1944, les troupes Anglo-canadiennes embarquent à bord des navires et les aérodrômes du sud-est de l'Angleterre fourmillent d'activité.

  Prévue pour le 5 juin, l'opération Overlord est repoussée de 24 heures par Eisenhower à cause des mauvaises conditions météos. Le 4 juin une ultime réunion des membres de SHAEF se déroule au QG allié, de Southwike House durant laquelle Eisenhower ne peut envisager de reporter encore une fois l'opération, au risque d'affecter le moral des troupes. Le général Walter Bedell Smith chef de l'état-major rappelle à son supérieur que la prochaine fois que les bonnes conditions pour le débarquement seront réunies ne sera pas avant juillet. Le colonel J.M Stagg chef des services météorologiques de la RAF convoqué lui aussi à la réunion apporte au chef suprême une faible lueur d'espoir. Les rapports météos prévoient une très légère accalmie pour le 6 juin, les vents devraient faiblir et le plafond nuageux serait plus favorable pour l'action de l'aviation, mais ses conditions ne dureraient guère plus de 36 heures. Dès lors il revenait à Eisenhower de décider seul sur la marche à suivre, il avait conscience qu'une fenetre de 36 heures pour mettre à terre 130 000 hommes était un pari plus que risqué et en cas d'échec il devrait à lui seul en supporter les conséquences. Après quelques minutes de réflexion qui parurent une éternité pour les autres officiers, Eisenhower releva la tête et dit simplement: << OK ! We go ! >>. Le lendemain, le général en chef, attend anxieusement les derniers rapports météorologiques espérans que les prévisions des services du colonel Stagg soient justes.

  Du côté allemand, le feldmarechal Erwin Rommel après de longs mois passés pour consolider les défenses côtières ne s'était pas ménagé et ressentait un grand besoin de repos. Début juin il s'était rendu au QG de son supérieur, le général Gerd von Runstedt à Saint-Germain-en Laye pour lui demander une permission qui lui fut accordée. Il désirait se rendre chez lui à Herrlingen le 6 juin pour l'anniverssaire de son épouse et dans le même temp avait demandé une audience auprès du Führer pour le 7 juin, car il désirait que celui-ci lui octroie des Panzerdivisions supplémentaires pour la Normandie, seul Hitler avait l'autorité de bouger les division de Panzer. Le 4 juin comme chaque matin Rommel prit le petit déjeuné avec les membres de son état-major et le principal sujet de conversation portait sur les bombardements massifs dans le Pas de Calais de la nuit dernière. Conforté par les rapports météos de la Luftwaffe qui annonçaient un mauvais temp pour plusieurs jours, et une forte houle en Manche Rommel était calme et détendu. Il était certain qu'avec ces conditions exécrables Eisenhower se risque à lancer son assaut. Pour une fois il se trompait. Après avoir pris congé de ses officiers il retrouva Daniel son chauffeur personnel qui l'attendait dans la cour à côté de la Horch rutilente. Comme à son habitude le feldmaréchal s'installa devant, il emportait avec lui une paire de bottines de taille 37 réalisée par un grand bottier parisien, c'était pour offrir à son épouse Lucie-Maria. Puis la voiture quitta le château de la Roche-Guyon et prit la direction de l'Allemagne. L'homme qui était chargé par Hitler de combattre le débarquement allié où et quand il se produirait partait chez lui, sans savoir qu'au même instant les troupes alliées affrontaient les eaux tumultueuses de la Manche.

Campagne_de_France-92-PM

France mai 1940 une colonne allemande croise des prisonniers français, malgrè un acharnement, l'armée française est vaincue, cette fois << Ils sont passés >>.

Bundesarchiv_Bild_183-H28708,_Paris,_Eiffelturm,_Besuch_Adolf_Hitler

Rethondes 22 juin 1940, dans le même wagon dans lequel l'Allemagne avait signé l'Armistice en 1918, la délégation française signe l'acte de capitulation. (Bundesarchiv).

paris

L'armée allemande défilant sur les Champs Elysées.

Bundesarchiv_N_1576_Bild-007,_Paris,_Parade_deutscher_Panzer

Défilé de chars Panzers sur les Champs Elysées. Ce sont des Somua S-35 et Hotchkiss H-38 français que les Allemands ont capturés et réutilisés en les réimmatriculant

Bundesarchiv_Bild_183-H28708,_Paris,_Eiffelturm,_Besuch_Adolf_Hitler

Paris juin 1940 Adolf Hitler sur l'esplanade du Trocadero.

75181131

Le président américain Franklin Delano Roosevelt.

               quebec

Août 1943, conférence de Quebec, de gauche à droite assis: Mackenzie King Premier ministe canadien, Franklin Roosevelt et Winston Churchill. Au second rang: Général Henry Arnold, Maréchal de l'air Charles Portal, général Alan Brooke, Amiral Ernest King, maréchal John Dill, général George Marshall, Amiral Dudley Pound, Amiral Daniel Leahy.

 

joseph-staline

Joseph Staline, il combat les Allemands depuis 1941, à plusieurs reprises il demandé aux Alliés d'ouvrir un second front en Europe pour soulager ses troupes. Après la guerre les Alliés remettent aux Russes de nombreux prisonniers de guerre slaves bien souvent enrôlés de force dans l'armée allemande. Beaucoup seront jugés pour tahison et Staline va en faire éxécuter en masse.

Winston_large

Winston Churchill premier ministre britannique.

De_Gaulle

Le général Charles de Gaulle, malgrè son statut de chef de la France Libre, le président américain Franklin D. Roosevelt, ne lui faisait pas confiance. Il revient pour la première fois depuis quatre ans en France le 14 juin 1944 à bord de La combattante sur la plage de Courseulles-sur-Mer et mit tout en oeuvre pour faire échouer le projet de l'AMGOT voulu par Roosevelt.

erwin-10

Le feldmaréchal Erwin Rommel, chargé par Adolf Hitler de la consolidation du "Mur de l'Atlantique" et repousser le débarquement allié où et quand il aurait lieu, arrive en France en 1943 et ses premières constatations sont alarmantes, il ne croyait pas que l'édifice pouvait arrêter les Alliés. Cependant il augmenta la cadence des travaux et apporta de nombreuses modifications. En mai 1944, les défenses du Mur devenaient une réalité menaçante. L'ironie du sort à voulut qu'au moment où les troupes alliées débarquaient sur les plages normandes, l'homme chargé de repousser l'assaut était chez lui en Allemagne. (Bundesarchiv).

                          

 

             

75181143

Le général américain Dwight Eisenhower, plus souvent surnommé "Ike", totalement inconnu en Europe il à précédemment servi sur le théâtre méditerranéen. Depuis 1942 il commande les opérations tant en Europe qu'en Afrique du Nord. Il est l'homme de la situation pour pouvoir coordonner l'opération Overlord. A son arrivée en Angleterre il prend la tête du SHAEF et commence à planifier le débarquement de Normandie ainsi que l'installation de la tête de pont en France. Il à alors sous son commandement la plus importante force d'invasion de tous les temps.

              shaef

Les membres du SHAEF en 1944 . De gauche à droite debout général Omar N Bradley (US Army), Amiral Bertram Ramsay (Royal Navy), maréchal de l'air Trafford Leight-Mallory (Royal Air Force), général Walter Bedell Smith (US Army), assis maréchal de l'air Athur Tedder (Royal Air Force), général en chef Dwight Eisenhower (US Army) et le maréchal Bernard Law Montgomery (British Army).

 

             rommel

             Rommel en tournée d'inspection du Mur de l'Atlantique. (Bundesarchiv). 

                                   Patton%2023

Le général George S. Patton, une figure emblématique de la deuxième guerre mondiale. officier craint et respecté aussi bien par ses hommes que de ses ennemis, il joua un rôle d'intoxication des Allemands dans le plan de l'opération Fortitude. A l'époque de son placement à Douvres (face au Pas-de-Calais) il était en disgrace auprès d'Eisenhower pour avoir giflé deux soldats qui souffraient de stress post-traumatique dans une antenne médicale en Italie en août 1943. Ses déclarations parfois maladroites à la presse, poussèrent Eisenhower à le recadrer à plusieurs reprises. Cependant il était un des meilleurs généraux américains capable de pousser ses troupes à leur maximum.

                           James_stagg120

Le colonel (Group Captain) James Martin Stagg, chef métérologue de la Royal Air Force, c'est lui qui apporte à Eisenhower, lors de la dernière réunion des membres du SHAEF le bulletin qui prévoyait une brève accalmie du mauvais temps pour la journée du 6 juin. (Imperial War Museum).