Ces opérations menées conjointement aux américaines, représentent le premier acte de  l'opération Overlord. Le GQG allié avait prévu de faire atterrir sur le flanc gauche du secteur du débarquement, les unités aéroportées britanniques, pratiquement toutes regroupées dans la 6th Airborne Division. La division fut parachutée à l'est du canal de Caen à la mer et de l'Orne, avec deux objectifs de première importance : la capture des deux ponts enjambant le canal à Bénouville et Ranville (Pegasus Bridge et Horsa Bridge). Le contrôle de ces deux édifices était vital pour empêcher les renforts allemands d'affluer en direction des plages, pour les Anglais ces deux voies d'accès permettraient de gagner du temps pour la marche vers Caen.

  OPERATION COUP DE MAIN:

    C'est au major John Howard commandant le 2nd/Bn "Oxfordshire and Buckinghamshire Light Infantry (Ox and Buck) que revenait la capture des deux ponts. Avec quatre sections de la "D Company" et deux de la "B" l'effectif comptait 181 soldats. Le pont mobile de Bénouville devait être pris coute que coute car le haut commandement allié savait par des rapports de la Résistance locale, qu'il était piégé et que  les Allemands n'hésiteraient pas à le faire sauter en cas d'assaut direct.

  Howard avait entrainé ses hommes pendant de longs mois, sur un site reconstitué dans la campagne britannique. Tous avaient appris la    topograhie du terrain par coeur et savaient exactement ce qu'ils avaient à faire. L'effectif fut embarqué dans six planeurs "Horsa", trois pour Bénouville et trois pour Ranville tractés par des  bombardiers "Albermarle". A Oh16 , les trois planeurs participant à l'assaut sur Pegasus Bridge, se posent à 50 mètres du pont, Le  premier "Horsa, n°91, transportant le major Howard se pose lourdement et termine sa course le museau dans la première rangée de barbelés. Le choc est brutal, mais les hommes reprenent rapidement leurs esprits. Réalisant que tout est calme autour d'eux, les sentinelles ennemies ont certainement entenduent du bruit mais ont pensé à la chute des débris d'un bombardiers abattu. De plus elles ont l'ordre d'intervenir sur le pont et non aux alentours. Cette inaction fut décisive dans le succès de la mission. Les commandos sortent rapidement, les premiers commencent à ouvrir des bréches dans les barbelés. La section n°1 atteint rapidement l'entrée , une mitrailleuse allemande est prise par plusieurs hommes, tandis que les autres s'élancent à la course sur le pont, le lieutenant Den Brotheridge en tête. La garnison allemande à moitiée endormie est très rapidement taillée en pièces, mais alors que le lieutenant Brotheridge arrive à l'autre extrémité du pont, en direction du café Gondrée, il est mortellement touché par une balle au cou, après avoir détruit une mitrailleuse à la genade. Pendant la ruée sanglante, les deux derniers planeurs se posent près du pont. Celui de la section 2 est presque intact, mais en revanche le "Horsa" transportant la section 3 est endommagé et termine sa course folle le nez dans le canal, plusieurs hommes seront blessés dans  l'accident et un va se noyer. Le chef de la 3e section, le lieutenant Smith déjà blessé dans le choc brutal de l'atterrissage, est à nouveau touché par un soldat allemand, qu'il réussi néanmoins  à abattre. Malgré sa blessure il continue à mener ses hommes pour sécuriser la rive Ouest du pont. Pendant la bataille les hommes du 249e régiment du génie escaladent le dessous du tablier pour désamocer les charges explosives. Les Allemands s'étaient clairement préparés à faire sauter le pont, mais craignant un acte de sabotage de la Resistance ou une explosion accidentelle, ils    avaient juste placés les cordons détonants mais pas les charges, qui seront retrouvées un peu plus tard dans une cabanne sur les bords du pont. En 15 minutes tout est fini , les pertes britanniques sont faibles, après avoir résisté , les survivants allemands se sont enfuis.

  A l'Est de Pegasus Bridge, très proche se trouve le pont de Ranville qui enjambe l'Orne (Horsa Bridge), c'est le deuxième objectif de l'opération "Coup-de-main". La section n°6 y arrive en premier avec son Horsa. Déjà alerté par les tirs venant de Bénouville, la garnison allemande qui possédait que peu de moyens, dispose néanmoins d'une seule mitrailleuse qui tire quelques salves peu efficaces contre les assaillants, avant d'être détruite. Les défenseurs prirent la fuite après avoir essuyés un tir cadré de mortier. La section n°5 arrive à son tour, mais alors qu'ils arrivent au pas de charge vers l'entrée du pont, les hommes s'attendent à se faire tirer dessus d'un moment à l'autre, mais tout est calme, et voient bientôt la silouhette du lieutenant Fox émerger de l'obscurité. Le troisième planeur s'est posé beaucoup trop loin pour prendre part au bref assaut. La mission dévolue aux commandos britanniques est un succès, les pertes sont très modestes et les deux ponts sont pris en très peu de temps. L'atterrissages de planeurs en pleine nuit sur des surfaces étroites sera décrit par l'Air Chief Marshall T. Leigh-Mallory, comme " un des plus remarquable accomplissement aérien de la guerre".

  OPERATION TONGA:

  Cette dernière est le nom de code donné à l'acheminement par planeurs du reste de la 6th Airborne qui doit venir renforcer le dispositif établi durant les premières heures du 6 juin par les unités parchutées et planées.

  OPERATION MALLARD:

  Lancée un peu plus tard dans la journée cette opération avait pour but de renforcer ces unités avec le matériel lourd et notament avec des chars légers, sur les Landing Zones N ( entre Ranville et Amfreville) et W ( à Saint-Aubin d'Arquenay). Elle débuta lors de la contre-attaque des blindés de la 21e PzDiv dans un secteur vulnérables des plages. Voyant arriver les vagues de planeurs sur la zone les chars allemands se replièrent.

  Tous les objectifs désignés furent atteints, comme la prise des deux ponts sur le canal de Caen et l'Orne ou de l'attaque de la batterie de Merville par les hommes du 9th bataillon du lieutenant-colonel Terence Otway.

 

                  Tonga map

                                                               Carte de l'opération Tonga.

 

                  Albermarle

             Bombardier Albermarle, largement utilisé pour le parachutage des hommes de la 6th Airborne.

 

                                                                             

 

                  Gale

5 juin dans l'après-midi, le général Richard N. Gale avec des hommes de la 5th Parachute Brigade, une unité appartenant à la 6th Airborne.

 

                                       6th Airborne badge

                 Insigne d'épaule de la 6th Division aéroportée britannique.

 

                  6 pounder

Quelques jours avant le Jour J, des hommes de l'Oxfordshire and Buckinghamshire Light Infantry, embarquent un canon de 6 livres dans un planeur Horsa.

 

                           briefing Midwood

Le 5 juin, le lieutenant Robert Midwood de la 22nd Independant Parachute Company dresse le briefing à ses hommes. La 22nd Independant Parachute Company sera parachutée en premier peu avant minuit, avec la charge de baliser les zones de sauts ou d'atterrissages pour le gros des troupes de la 6th Airborne Division.

 

                     22nd IPC

           Des hommes de la 22nd Infantry Parachute Company, se restaurent peu avant l'embarquement.

 

                   night officers

 5 juin, juste avant l'embarquement, 4 officiers éclaireurs de la 22nd Independant Parachute Company, synchronisent leurs montres.    De gauche à droite: les lieutenants Edward de Lautour (tué le 20 juin), D.Wells, John Visher et Robert "Bob" Midwood. Le 6 juin à 22h00, le lieutenant Wells sera blessé par des tirs de mortiers dans le secteur Le Bas de Ranville et sera évacué. Une heure plus tard Edward de Lautour est nommé capitaine temporaire.

 

                   LZ N

                  Vue aérienne de la Landing Zone N entre Ranville et Amfreville, le 6 juin.

 

                                  Orne river

Sur la rive Est de l'Orne près d'une LZ, des hommes de la 1st Special Service Brigade creusent des positions défensives. Débarquée le 6 juin au matin sur Sword Beach, la brigade de lord Lovat est venue renforcer les positions du major John Howard à Pegasus Bridge.

 

                                  carrefour

Deux parachutistes sont postés en surveillance à un carrefour près des rives de l'Orne. En arrière plan on distingue nettement un planeur Horsa intact.

 

                  royal ulster jeep

Des hommes du 1st Battalion Royal Ulster Rifles/6th Airlanding  Brigade de la 6th Airborne viennent de descendre une jeep et sa remorque d'un planeur sur la Landing Zone N., le 6 juin au matin.

 

                 LZ

                     Des planeurs Horsa sur une LZ avec des "asperges de Rommel".

 

                 crash horsa

Tout comme du côté américain, les accidents sont nombreux chez les équipes de Gliders. Un caporal examine un Horsa qui à défoncé le mur d'une habitation aux abords de LZ-N. Si aucune victime est à déplorer dans la famille qui logeait dans la maison, en revanche un des pilotes à été tué et un autre homme à été grièvement blessé éjecté par la porte latérale.

 

                           POW  

 Des parachutistes britanniques prisonniers sont emmenés en captivité. L'homme au premier rang au centre est le caporal Frank Gleeson du 12th Parachute Battalion, il fut capturé au Bas-de-Ranville, et fut interné dans le Stalag 221 dans la région de Rennes. En août il s'évada pour rejoindre les commandos SAS en Bretagne, avec lesquels Gleeson combattra jusqu'à la fin des hostilités.