La 352e DI allemande est mise sur pied en France en 1943. Sa stucture se compose des débris de deux divisions d'infanterie laminées sur le font russe (268e et 321e DI). Le 6 novembre 1943, le Generalleutenant Dietrich Kraiss prend le commandement. Elle est une des meilleurs unités d'infanterie présente sur le  littoral normand, L'unité est batie sur l'un des principaux modèles de la division d'infanterie allemande en 1944. Elle comporte organiquement trois régiments d'infanterie, un régiment  d'artillerie, plus des bataillons de compléments ( reconnaissance, génie, transmissions, antichar...). Au 1er mai 1944 elle possède un effectif de 12 700 hommes, dont 7 300 combattants et deux bataillons du 726e Regiment de Grenadiers de la 716e DI  lui sont rattchés.

  Le 15 mars 1944, le feld-maréchal Rommel la place sur le front de mer, pour renforcer la 716e division, qui tient déjà les plages du Bessin. L'arrivée de cette nouvelle unité n'avait bien bien entendu pas échappé à la résistance locale qui en avait informé Londres, mais étrangement le SHAEF sembla avoir ignoré cette nouvelle information. Dès son implantation sur le littoral, la 352e DI avait procédé à des travaux de renforcement des défenses côtières. Pour commencer la division installa des champs de mines, cependant    pour pouvoir couvrir efficacement son secteur dix millions de mines auraient été nécessaires, mais la division n'en avait que dix mille à sa disposition. Des fortifications bétonées ou en rondins sont également réalisées et des odstacles en tous genres: pieux piégés ( asperges de Rommel), réseau de barbelés, porte belges, et hérissons tchèques, étaient placés sur les plages mais  avec le sel et la corosion de nombreux systèmes de mise à feu des explosifs sont rendus inopérants. De plus les mouvements des marées déplacaient régulièrement les obstacles les plus légers.

  Le 6 juin, le 914e régiment de grenadiers se trouvait positionné sur le flanc gauche de la division entre Isigny et Grandcamp. Durant la nuit du 5 au 6 juin, il est engagé du fait des nombreux parachutages dans le Cotentin, et comme beaucoup de troupes aéroportées alliées se trouvaient éparpillées, on aurait pu croire à une attaque directe sur Carentan, mais le 914e GrenRegt participa également sans succès à des offensives sur la Pointe du Hoc, face aux Rangers américains. Retiré derrière Carentan, à partir du 8 juin, il ne fut pas engagé pour la reprise de la ville aux Aigles hurlants de la 101e Division américaine, cette tâche est dévolue au 6e Regiment de Fallschirmjäger soutenue par la 17e SS-PzDiv "Gotz von Berlichingen".

  De son côté le 915e GrenRegt qui formait avec le "Fusillier Abteilung" ( bataillon de reconnaissance), le Kampfgruppe Meyer, réserve du 84e corps d'armée du général Marks, est mis en état d'alerte dans la nuit du 5 au 6 juin en vue d'intervenir au plus vite depuis la région de Bayeux vers Carentan, pour affonter les parachutistes de la 101e Division américaine. Cependant au lever du jour, alertés par le débarquement amphibie, les trois bataillons reçurent un contre-ordre et furent contraints de revenir sur Bayeux toute la matinée du 6 juin. Le II/915 IR, est dirigé sur Omaha Beach, tandis que le reste du Kampfgruppe Meyer se porta au Nord-Est de Bayeux, pour contre-attaquer la 50th Infantry Division britannique qui commençait à percer dans le secteur. Même avec le support de dix canons automoteurs Sturmgeschütz III, la contre-attaque allemande bute contre les pointes offensives de la 231st Infantry Brigade britannique, en sortie de plage, et se solda par des pertes allemandes importantes. Le Kampfgruppe est anéanti et son chef, le colonel Meyer, est tué, sur son corps les Anglais découvrirent sa carte d'état-major. Du fait de ces informations inattendues, les Alliés, dès le lendemain (7 juin), bombardèrent par air le PC de la 352e DI installé dans le bourg de Lttry, rue du Carrefour de Croix-Tournières près de l'église Saint Germain.

  Sur Omaha Beach, les soldats des 916e et du 726e GrenRegt occupaient des tranchées de quinze positions défensives, les Weiderstandnest,plus connues sous leurs abréviations WN des numéros 60 à 74. Ces positions comprenaient six encuvements pour mortiers, trente-cinq casemates, soutenues par une unité de lance-fusées ( Nebelwerfer), des lance-flammes automatiques et quatre-vingt-cinq nids de mitrailleuses. Ces positions fortifiées causèrent des pertes sévères aux hommes des 1st et 29th Infantry Division. Les troupes allemandes de ces WN défendirent avec acharnement le terrain des falaises surplombant la plages pendant une partie de la matinée avant qu'elles ne soient débordées vers midi. Cette    journée fut le baptême du feu pour le 916e GrenRegt.

  Le 916e Regiment est soutenu par le IIe bataillon du 915e GR (détaché du kampfgruppe Meyer), ainsi que du 352 Pioniere Abteilung (352e bataillon de génie) de la division, avec la participation du Panzerjägerabteilung, (bataillon antichars équipés de Marder III) dans des contre-attaques très couteuses.

Cependant la pression américaine aidée par l'aviation et l'artillerie de marine, étant trop forte, le régiment commandé par le colonel Goth, dut se replier le 7 juin, incapable de tenir les positions reconquises à Colleville la nuit précédente. Tous ces échecs vont permettre la prise par la 56th Infantry Brigade de Bayeux restée intacte et presque sans combats. Au soir du D-Day, les pertes de la 352e DI sont très importantes: 200 morts, 500 blessés et 500 disparus. Au cours du mois de juin le résultat des pertes cumulées s'élèvent à 5 407 hommes hors de combats.

  En juillet la division déjà affaiblie, va affronter les approches de Saint-Lô face au Ve corps d'armée américain, au 11 juillet la 352e DI perd encore 2 479 hommes supplémentaires. Une semaine plus tard vont s'ajouter 597 hommes considérés comme perdus.

Cependant en juillet dans le secteur de Saint-Lô, la division contrôlait aussi les restes de plusieurs grandes unités :

* 3 bataillons de la 266e DI.

* 2 bataillons de la 353e DI.

* 1 bataillon de la 30e brigade rapide qui avait été rattachée à la division dès le 7 juin.

* 1 bataillon de la 275e DI.

* 1 bataillon de la 243e DI.

* 1 batterie d'artillerie de la 343e DI.

* 1 batterie d'artillerie du bataillon Autun.

  Le général Dietrich Kraiss sera tué au cours des combats dans le secteur de Domfront peu de temps avant que la division ne soit retirée du front.

  Le 30 juillet la division est déclarée hors de combat, celà voulait dire en autres que chacun de ses bataillons ne comprenaient plus qu'une centaine d'hommes. début août 1944 elle est retirée du front. Stationnée au Sud-Est d'Alençon pour être reconstituée, mais au bout d'une semaine de repos, elle sera bientôt en vue des avant-gardes des troupes américaines ayant réalisées la Percée d'Avranches. La 352e DI engagera alors des actions de retardements sur l'axe Le Mans/Dreux.

  En septembre 1944,la division est reconstituée par la fusion avec la 581e division de grenadiers du Peuple, devenant ainsi la 352e Volksgreandier-Division et va se retrouver engagée dans la Bataille des Ardennes en hivers 1944-1945. Peu après la 352e VGD sera employée pour des combats défensifs autour de Trèves et sur la Moselle. Détruite une nouvelle fois en mars 1945, seuls des débris reussirent à franchir le Rhin à Worms. Reconstituée une dernière fois en Kampfgruppe (groupe de combat) elle se rend aux Américains en mai 1945 à Darmstadt.

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Insignr divisionnaire.

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Generalleutnant Dietrich Kraiss commandant la division. Il sera tué au combat lors du repli de son unité dans le secteur de Domfront en août 1944. (Bundesrachiv)

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Colonel Goth commandant le 916e régiment de grenadiers. (Bundesarchiv)

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Major Werner Pluskat commandant du premier groupe d'artillerie divisionnaire. (Bundesarchiv)

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Le 7 juin 1944, des bombardiers alliés déversent un tapis de bombes sur le PC de la 352e division situé à Littry. Cette action à ausi pour but de détruire les rampes de lancement des fusées V2 installées dans la région.