La prise de Caen et des plaines environnantes est d'une importance majeur pour les Alliés, permettant de batir des aérodromes pour continuer le mouvement de libération vers le Sud et opposer une  menace qui épuiserait et concentrerait les forces et les réserves allemandes à l'Est, facilitant l'action des forces alliées à l'Ouest. La ville de Caen chevauche l'Orne et sa capture donnerait aux Anglos-canadiens une bonne position stratégique. Dès le Jour J, la 3rd division d'infanterie canadienne avait échoué a quelques kilomètres de la ville et les deux opérations suivantes "Perch" et "Epsom" n'avaient guère fait évoluer la situation. A ce stade ayant peu d'options restantes, il fut décider que le 1st Corps britannique lancerait une attaque de front pour prendre la ville.

  Le 1st Corps se composait de deux divisions endurcies, les 3rd  divisions d'infanterie britannique et canadienne, plus une fraichement  arrivée la 59th division Staffordshire. Selon le plan, c'est elle qui attaquerait les villages au Nord de Caen qui étaient aux mains des Allemands, la 3rd DI britannique prendrait Lebisey et les territoires à l'Ouest de Caen, pendant que la 3rd division canadienne devait s'occuper de capturer l'aérodrome de Carpiquet, tenu par une poignée de jeunes grenadiers de la "Hitlerjugend", soutenus par quelques chars enterrés jusqu'à la  tourelle. Afin de limiter les pertes en vies humaines un bombardement lourd aérien devait pilonner les défenses allemandes, nettoyer les routes et augmenter le moral des troupes britanniques et  canadiennes. Une zone de 3,6 km de large fut choisie comme cible, là où s'étaient retranchés des éléments de la 12e SS Panzerdivision "Hitlerjugend" et la 16e division terrestre de la Luftwaffe.

Le 7 juillet à 21h00, 467 bombardiers du Bomber Command de la R.A.F,  larguèrent plus de 2 500 tonnes de bombes sur la ville. En 40 minutes, la cité médiévale était réduite à néant et à  22h00 les artilleries des 1st et 8th Corps débutèrent un pilonnage massif sur les positions suseptible d'abriter des Allemands tout au long de la ligne de front. Le 8 juillet à 4h00 du matin l'artillerie concentra ses tirs devant les lignes des 3rd  et 59th divisions, allongeant progressivement la portée de ses canons à mesure que les troupes avançaient.dans le secteur de la 3rd division formant un rideau de feu. De rudes combats eurent lieu à Herouville près de Lebisey, ce dernier tomba relativement facilement, tandis que la 59th division avançait vers Galmanche et La Bijude, toujours à une bonne distance de Caen. Suite à ces événements, le général Heinrich Eberbach, commandant du Panzergruppe West arriva dans la région de Caen et put observer l'attaque  britannique depuis les aciéries de Colombelles, contastant l'état de la 16e division terrestre de la Luftwaffe qui affrontait alors la 3rd  division, il ordonna le déplacement de la 21e Panzedivision pour lui fournir un soutient, mais elle fut incapable de progresser, arrêtée par un bombardement naval la division blindée allemande ne pu accomplir sa mission.

A 11h00, les combats s'intensifièrent, la 59th Staffordshire rencontra une vive résistance de la 12e SS Panzedivision à La Bijude ainsi qu'à Galmanche, ce qui ralentit sa progression. De son côté la 3rd division réussit una avancée ce qui permit à la 185th Brigade de s'emparer du point 64 surplombant la ville de Caen en fin de soirée. Des patrouilles commençèrent à enter dans  les ruines, constatant que tout futur mouvement important de troupe serait ralenti par le grand nombre de gravats. A la tombée de la nuit la 59th division prit le contrôle de La Bijude et Epron, mais ne put poursuivre plus en avant.  Du côté de  la 3rd division canadienne, l'avancée fut fortement ralenti par l'acharnement de la 12e SS, et de violents combats eurent lieu toute la journée du 8 juillet à Buron. Les grenadiers allemands se défendaient presque jusqu'au dernier hommes, tandis que la 7th  brigade prit le contrôle de Authie et l'Abbaye-d'Ardenne avant de s'arrêter pour la nuit. Il fut rapidement découvert que les Allemands se repliaient et le 1st Corps se préparait pour entrer dans Caen le lendemain.

  Le 9 juillet dès l'aube des patrouilles anglo-canadiennes commençèrent à enter dans la ville. La 3rd division canadienne venait d'enlever l'aérodrome de Carpiquet, après avoir fait appel aux Typhoon armés de roquettes et nettoyer les poches de résistances aux lance-flammes. Les grenadiers survivants battèrent en retraite, puis les Canadiens commencèrent une approche de Caen vers l'Est . La 59th division britannique rencontra une opposition plus forte au Nord en fin d'après-midi, mais elle parvint à vaincre la 21e Panzerdivision et put poursuivre son avancée sur Caen. En cours de matinée la 3rd DI britannique entra dans la ville par la droite et prit position le long de l'Orne. Dans l'après-midi la 16e division terrestre de la Luftwaffe, perdit l'équivalent d'un régiment dans une attaque. Cependant les pertes chez les assaillants furent sévères, les snipers et l'artillerie allemande était toujours en activité et bientôt les alliés s'aperçurent que 1ere Panzerdivision SS s'approchait de la ville. Mais le mouvement des troupes et des véhicules étaient gravement entravés par la mutitude des décombres causés par le  bombardement du 7 juillet, c'est pourquoi, les alliés décidèrent de stopper toute offensive pour dégager les routes et lever des renforts. L'opération Charnwood s'achevait.

Charnwood, fut un succès pour les alliés qui tenaient à présent la partie de Caen située au Nord de l'Orne. Tout le sud de la ville, ainsi que la banlieue des faubourgs de Vaucelle et les  aciéries de Colombelles qui offraient un parfait poste d'observation grâce à ses hautes cheminées étaient toujours tenus par les Allemands. Malgrès tout l'opération Charnwood permit de faire  croire à l'ennemi que la principale offensive viendrait du secteur britannique et lors des opérations Goodwood et Atlantic, le 2nd corps canadien réussit à s'emparer de la partie Sud de Caen, malgrè une forte opposition allemande.  Il fut rapidement découvert que le bombardement fut contre-productif, les bombes larguées sur une zone urbaine avaient fait de nombreuses victimes dans la population caennaise et leur poids exessif ( entre 225 et 450kg) avait eut pour effet de créer un amoncellement de décombres important qui avaient fortement géner le déplacement des blindés dans  Caen. Après la capture de la ville, une étude démontra qu'il n'y avait aucune trace de chars, de poste de tir ou de cadavre allemand dans le secteur bombardé. La leçon tirée de l'opération de Charnwood fut la nécessité d'employer des bombes moins lourdes, mais plus nombreuses pour limiter la création des décombres en grande quantité. Cette décision fut prise pour les deux autres opérations à venir que ce fut pour Goodwood ou Cobra. 10 000 Tommies ont été victimes des combats pour la capitale normande. 3000 civils ont péris sous les décombres ou sur les chemins avoisinants. Au 10 juillet, les pertes pour la 2nd Armée britannique atteingnent 22. 208 tués, blessés et disparus.

 

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9 juillet Caen n'est plus qu'un tas de décombres fumants. L'église Saint-Pierre à perdu sa flèche.

 

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Trois généraux en Normandie, de gauche à droite: Omar Bradley de la 1st armée américaine, Fieldmarechal Bernard Montgomery commandant le 21e Groupe d'armée et Miles Dempsey chef de la 2nd armée britannique.

 

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 Le brigadier-général John Crocker commandant le 1st Corps britannique.

 

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Un soldat du 1st Corps surveillant les alentours pour débusquer les snipers allemands encores nombreux embusqués dans les ruines.

 

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Une colonne de sherman de la 32nd Armoured Division  britannique progresse durant l'opération Charnwood.

 

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Près de l'aérodrome de Carpiquet, deux infirmiers de la 3th Infantry Division canadienne soignent un de leurs blessés.

 

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L'aérodrome de Carpiquet, il fut défendu avec acharnement par une poignée de jeunes grenadiers fanatiques.

 

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    Les hangars de l'aérodrome détruits par les roquettes des Typhoon britanniques.

 

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Des membres de la Défense passive ( casques Adrian peints en blanc), extraient  des blessés civils des décombres de Caen.

 

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10 juillet, un Sherman des Sherbrookes Fusiliers canadien venant de Franqueville entre dans Caen par la Maladerie.

 

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                    Un soldat britannique aide une vieille femme dans les ruines de la ville.

 

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8 juillet, un Sherman de la 3rd Infantry Division, part pour Caen à travers le bois de Lebisey (Imperial War Museum).

 

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Trois soldats de la 3rd DI canadienne posent pour le photographe le 9 juillet en fin d'après-midi devant le panneau de signalisation à l'entrée ouest de Caen par la route de Bayeux à la Maladerie.

 

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Des civils et des membres de la Défense Passive ( casques Adrian peints en blanc ) se sont regroupés autour d'un Bren carrier canadien, ils attendent probablement du ravitaillement. Les habitations de l'arrière-plan sont totalement détruites.

 

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La distribution de nourriture aux civils dont les maisons ont été bombardées et qui se sont réfugiés dans l'église Saint-Etienne. Photo prise sur le parvis devant l'entrée du lycée Malherbe. Au fond le mur de l'école Normale de filles, qui abrite aujourd'hui le batiment des Archives Municipales . L'arbre dans la cour est toujours là.

 

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 Des sapeurs du génie canadien rebouchent un trou de bombe, dans le bas de la rue de Bayeux à Caen. En arrière-plan l'Abbaye-aux-Hommes (Saint-Etienne) à conservé ses deux clochers intacts. (IWM).

 

                        abbaye_dardenne

L'Abbaye d'Ardenne grâvement endommagée, elle fut l'ancien QG du SS-Standartenführer Kurt Meyer de la 12e SS-PzDiv Hitlerjugend, après le 6 juin. C'est ici que les SS vont exécuter des prisonniers canadiens d'une balle dans la tête. Après le départ des Allemands se sont les troupes canadiennes qui seront les premières à y pénétrer. Dans le jardin de l'enceinte de l'édifice un mémorial y été érigé pour rappeler cette exaction.