Le début de l'opération Goodwood sera marqué par un bombardement aérien massif, peu avant 7h du matin, d'importantes formations de bombardiers britanniques  arrivent et commencent le matraquage des lignes avancées allemandes, suivit par un barrage d'artillerie venant des navires mouillant devant Ouistreham et des  batteries à terre. Pendant 2 heures, les Allemands vont vivre l'enfer, le bombardement va s'étendre jusqu'à Secqueville, où se trouve le régiment de chars de la 1ere SS-Panzerdivision "Leibstandarte Adolf Hitler". Dans le secteur d'Emiéville, où est stationné le 1er bataillon du Panzer-Régiment 22 rattaché au Gruppe Luck (21e Pz Div), lorsque les jeunes tankistes entendent arriver les bombardiers ils se ruent à l'intérieur des blindés et verrouillent les trappes pour trouver un abri. Les bombes tombent tout autour d'eux, les blindés sont secoués et les  éclats de schrapnels frappent les blindages, quelques Panzer IV sont retournés par le souffle des explosions. A l'intérieur des blindés les membres d'équipages sont terrifiés, certains se suicident pour échapper à cet enfer d'autres, perdent la raison. 

  Quelques chars touchés brûlent, d'autres sont pratiquement enterrés. Dans le parc du château de Manneville, les dégâts sont tout aussi graves pour le bataillon de chars lourds (Tigre I) du 3/503 du lieutenant Richard von Rosen, son char est endommagé, celui du sergent Westerhausen a été détruit par un coup au but, il brûle immédiatement et l'équipage qui avait trouvé refuge sous l'engin est tué. Le Tigre de l'Oberfeldwebel Sachs a été retourné par le souffle de l'explosion et repose sur la tourelle au fond d'un cratère de bombe, deux hommes de l'équipage ont été tués sur le coup. Pour von Rosen le choc à été terrible et va rester inconscient pendant deux heures. Alors que les formations de bombardiers britanniques retournent vers la mer, les Allemands tapis dans leurs tranchées à demi effondrées, totalement abasourdis par ce qu'ils viennent de subir, pensent que le pire est passé. Pour eux le repit sera bref, alors que les Halifax et les Lancaster s'en retournent à leurs bases, un nouveau grondement se fait entendre. C'est des B-26 Marauders américains qui arrivent échelonnés en dix "Box" de 36 appareils chacun accompagnés par des Douglas Boston, ils larguent leurs bombes sur les secteurs qui entourent Cuverville, Démouville et Giberville. Les 415 bombardiers de la 9th Air Force  survolent le corridor et y larguent 621 tonnes de bombes, 318 appareils vont toucher les zones visées, les autres vont lâcher leurs bombes un peu au hasard. Elles vont tuer quelques vaches dans les herbages, mais aussi des civils, et ne gêneront en rien les défenseurs allemands. A 7h 30, de nouveaux aggresseurs arrivent, des B-24 Liberator, de la 8th  USAAF. Les "Box" rassemblent 18 appareils quadrimoteurs chacun qui viennent bombarder Troarn, Soliers et Frénouville jusqu'à 9h30. Les conditions seront rendues difficiles à cause du nuage de    poussière qui masque presque totalement les objectifs. Sur les 634 B-24, 571 vont toucher les zones visées, les autres vont larguer trop loin en arrière de peur de toucher des unitées amies.

  * 139 Liberator ont bombardés Troarn avec 325,4 tonnes de bombes.

  * 249 ont lagués sur Soliers 609, 5 tonnes .

  * 146 Liberator ont déversés sur Frénouville 406 tonnes .

  * 24 ont bombardé Hubert-la-Folie avec 56,6 tonnes.

  * 12 appareils ont pilonné la gare de Mézidon avec 28,7 tonnes.

   La Flak allemande à réussi tout de même quelques coups au but dans les différentes formations. Un B-24 est abattu au-dessus de Troarn et deux autres sont sévèrement touchés. C'est un total de 2000 bombardiers lourds et 2 500 bombardiers moyens et chasseurs-bombardiers qui furent utilisées pour Goodwood, un soutient considérable  pour les troupes au sol, compte tenu de l'étroitesse du couloir d'attaque. Armés de bombes de 250 à 1000kg, les Lancasters et Halifax du Bomber-Command de la RAF avaient "cratérisés" les bords du  couloir d'attaque sur trois secteurs bien définis:

  * Colombelles, Mondeville.

  * Touffreville, Sannervile, Manneville, Guillerville.

  * Cagny ( avec des bombes de 250kg pour une cratérisation réduite).

Les B-24 Liberator de la 8th USAAF  avaient pour objectifs les positions d'artillerie allemandes dans les secteurs suivants:

  * Troarn.

  * Grentheville, Soliers, Bourguébus.

  * La plaine à l'Est de Troarn.

  Ils avaient lâché des bombes à fragmentation pour éviter les gros cratères qui auraient gêné les chars britanniques. Les B-26 et les  A-20 Boston de la 9th USAAF eux avaient pris en charge les batteries d'artillerie qui étaient hors de portée des canons de la marine. Enfin les appareils de la 2nd Tactical Air Force britannique,  B-25 Mitchell, Boston, Typhoon, Mustang et Spitfire avaient parachevés le travail de nettoyage tandis qu'une escorte de 800 Spitfire avaient escortés les formations des    bombardiers britanniques et américains.

 

         carte opérations

Carte montrant l'étendue du bombardement. La zone en rouge orangée est le secteur du bombardement aérien. La 16e Luftwaffen Felddivision qui se trouve en première ligne, déjà très éprouvée par les combats pour Caen, sera anéantie le 18 juillet.

         sans-titre

Dans le parc du Château de Manneville, un Tigre du 3/503 Pz/Abt à été retourné par le souffle d'une explosion proche. Pourtant ces mastodontes pèsent dans les 55 tonnes.

                           von rosen

Le lieutenant Richard von Rosen du 3/503 Pz/Abt, sera fortement commotionné par le bombardement du 18 juillet mais réussi à reprendre le combat, après avoir réparé son char. Il survécu à la guerre. (Bundesarchiv).

             tiger détruit

Toujours dans le parc du château de Manneville, un Tigre calciné recouvert de terre. Il se peut que se soit celui du sergent Westerhausen, dont les membres d'équipage qui s'étaient réfugiés en dessous du blindé ont tous été tués.

                 b-25

  Un bombardier Mitchell B-25 de la Royal Air Force lâche ses bombes sur l'usine de Colombelles le 18 juillet.

                collombelles

                                               Une partie de l'usine après les bombardements.

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                       Un Panzer IV de la 21e PzDiv anéanti dans le secteur d'Emiéville.

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Dans le même secteur un autre Panzer IV de la 21e PzDiv retourné par le souffle d'une explosion. Une des chenille à été arrachée. Cette division engagée dès les premières heures du 6 juin, sera très affaibli pendant les combats pour la défense de Caen, elle sera anéantie dans la poche de Falaise. Ce blindé doit probablement faire partie du 1er Pz/Abt/Rgt rattaché au Kampfgruppe Luck.

              gr 83

 En Normandie des pilotes de Typhoon du 83th Group de la Royal Air Force et leur aumônier (en calot au premier plan), photographiés devant le camion qui fait office de tour de contrôle.

             typhoon

Deux Typhoon équipés de roquettes s'envolent d'un aérodrome normand. Le 18 juillet ils sont intervenus à de multiples reprises notamment contre la crête de Bourguébus. (IWM).

 

            locomotive

Une locomotive carénnée détruite au Sud-Est de Caen, victime des roquettes et des mitraillages des chasseurs d'attaque au sol alliés.

                18_jui10 troarn gare  

La petite gare de Sannerville (près de Troarn) le 18 juillet, détruite après le passages de Liberator de la 8th USSAF .

 

 

A SUIVRE.