A midi, le 3rd RTR, arrive devant Hubert-la-Folie. le village est-il occupé par les Allemands? C'est ce que veut  savoir le colonel David Silvertop commadant le régiment. Il demande au lieutenant Stileman de la 11th section de la compagnie G du 8th Rifle Brigade, d'y aller pour vérifier. Il entre dans le village par l'Est, passe devant l'église, puis à toute allure en ressort par le Nord-Ouest, dans son rapport à 12h30, il indique qu'il n'a pas vu de troupes allemandes. En réalité des pièces  de 88 y sont déjà, bien camouflées. Les troupes de la Leibstandarte Adolf Hitler, qui montent en ligne ne sont pas encore installés dans le village et les éléments de tête qui y sont déjà se sont gardés de se démasquer, réservant leur feu pour les blindés alliès.  Bientôt, les obus perforants de 88 vont avoir raison de quelques chars britanniques. Le lieutenant Stileman aperçoit plusieurs chefs de char figés dans la posture où la mort les à surpris, pendant des tourelles entièrement carbonisés dans l'incendie des blindés touchés. Sous une pluie  d'obus de 88, venant de Hubert-la-Folie, les chars du 3rd Royal Tank Regiment et la compagnie G du 8th Rifle Brigade, se replient vers 14h en direction de la voie ferrée. Après seulement six heures d'engagement, les blindés britanniques sont repoussés et s'arrêtent au pied d'une crête où les Allemands s'accrochent dans les villages où se trouvent des pièces de 88 mm. La fabuleuse progression vient mourrir au pieds de la crête de Bourguébus.

  Pendant ce temps sur la droite de la 29th Tank Brigade, la 159th Infantry Brigade, avancent vers Cuverville et Démouville. Les bataillons de la brigade doivent nettoyer les deux villages, malgrè la vive protestation du général Roberts, à qui ces éléments vont manquer. Privé de ses trois bataillons d'infanterie  la brigade sera dangeureusement exposée, accompagnée par seulement trois compagnies des Greenjackets du 8th Rifle Brigade. Le 3rd Mounmouths, attaque pour nettoyer les deux villages. Sur la gauche, le 1st Herefords parvient à nettoyer un secteur composé de vergers. Le 4th K.S.L.I. reste en réserve. Progressant d'abord rapidement, le 3rd Mounmouths atteint Cuverville à 9h et à 10h15 le village est nettoyé. Mais à Démouville les Allemands résistent jusqu'à 14h30, où interviennent les chars Cromwell du 2nd Northants Yeomanry brisant la défense allemande, qui laisse de nombreux morts sur le terrain et 90 prisonniers de la 16e Luftwaffen Felddivision. Lorsque les chars vont arriver en vue de Hubert-la-Folie ou Soliers, devant la crête de Bourguébus, sans l'essentiel de son    infanterie, la progression sera plus lente. Les Allemands vont pouvoir envoyer plusieurs salves sur les fantassins qui progressent aux milieux des champs de blés, avec leurs pièces de 88mm, causant des pertes supplémentaires aux Britanniques.

  A midi le 4e K.S.L.I. vient de se mettre en route à son tour, au cours de son mouvement, des hommes d'une section vont se reposer quelques instant contre un talus. Des voies s"élèvent, les Britanniques vont trouver une galerie qui abrite des soldats ennemis, servant un mortier lourd qui se rendent en criant: "Nix Bosch, Ruski!"Ce sont des Russes qui combattent sous l'uniforme allemand. Les Allemands réorganisent leur artillerie et tirent à présent sur le corridor où s'entassent des troupes qui attendent que la  tête de pont à l'Est de Caen s'étende, pour pouvoir lancer leurs missions respectives. Les obus arrivent de toutes parts, à l'Est par la 346e ID, au Sud-Est la 21e Pz-Div, et du Sud par la 1ere. SS-Pz-Div.

  Un peu plus loin au Nord-Est de Hubert-la-Folie, le lieutenant Richard von Rosen, du 3./503 après avoir réparé ses chars    endommagés par les bombes dans le parc du château de Manneville, quitte les lieux avec huit Tigre et prend la direction de l'ouest, pour pouvoir contre-attaquer sur le flanc des colonnes blindées britanniques. Les chars ont de grandes difficultés pour progresser dans un paysage dévasté par les bombes, où auparavant s'étendait un labyrinthe de haies. Ils passent à proximité des pièces de la Flak de Cagny, qui est toujours fidèle au poste, mais les servants plus habitués à reconnaître les differents modeles d'avions, ne sont pas experts dans la reconnaissance des types de chars.  Les artilleurs vont alors ouvrir le feu sur leurs propres chars. Deux Tigre seront détruits coup sur coup. Celui du Feldwebel Schönrock est touché par un obus antichar et incendié et le char du Feldwebel Müller est transpersé, d'autres véhicules vont être victimes d'incendies, provoqués par la surchauffe des moteurs, malmenés par le bombardement de la matinée.. Von Rosen croyant être sous le tir de l'artillerie britannique, se replie pour créer un front défensif devant Manneville. Sur les huit Tigre de la 3./503, un seul survivra.

  Vers 11h, le 2nd Fife and Forfar Yeomanry, qui compose l'autre bataillon de tête de la 11th Armoured Division, vient de traverser la seconde voie de chemin de fer  (Caen-Paris). Il se trouve devant la crête de Bourguébus. Devant lui sont diposées plusieurs batteries des canons d'assaut du Major Becker: celle qui se trouvait au Mesnil-Fromentel à décroché pour prendre position au hameau du Poirier, et la batterie en position au Prieuré, au Nord-Ouest de Cagny et qui avait sévèrement accroché le 23 rd Hussars à 10h15, s'était repliée peu après pour se positionner au hameau de Four. Les deux vont pouvoir prendre sous leur feu le flanc gauche des deux compagnies de tête les A et B Squadron du 2nd FF Yeo.    Le C ayant presque été anéanti par la batterie de Flak de Cagny. Par ailleurs la défense de Grentheville, se compose  de deux éléments. A l'Ouest, les canons d'assaut ont déjà contraint les blindés du 3rd RTR à obliquer  vers Hubert-la-Folie. A l'est une batterie de Nebelwerfer va tenter d'interdire le passage aux blindés du 2nd Fife and Forfar Yeomanry. A midi les défenseurs    allemands ne pouvant plus exploiter leur armement dans de bonnes conditions, sous la forte pression exercée par les Britanniques qui sont très près, décrochent pour établir une nouvelle ligne de  défense vers Soliers. Cette position sera plus favorable pour prendre en écharpe le flanc droit du 2nd FF Yeo. Tandis qu'en arrière, les pièces de 88mm installées à Bourguébus et dans la Hogue, menacent directement sa tête.

  Alors qu'il fait très chaud, les blindés du 2 FF Yeo, vont tomber sous les obus des batteries et des StuG allemands, l'unité britannique  va perdre une grosse partie de ses blindés. Au pied de la crête de Bourguébus beaucoup de chars brûlent. Les équipages qui eut la chance de pouvoir s'extraire des épaves en feu  reviennent du front à pied en soutenant certains camarades blessés. Peu après midi le 2nd Fife and Forfar Yeomanry est obligé de se replier à la hauteur de Four et de Soliers. Il sera relayé par le  23rd Hussars et vers 15h ses restes vont être placés en réserve au Nord de la voie ferrée Caen-Paris. Il est le second bataillon blindé de tête de la 11th Armoured Division, à subir lui aussi un échec. Alors que les communiqués font état d'une éclatante victoire, la bataille est dès lors perdue, seulement quelques heures après son lancement.

  Le brigadier Harvey, qui craint pour le sort du 2nd Fife and Forfar Yeomanry, envoie le 23rd Hussars à la rescousse. Les blindés  traversent la voie de chemin de fer Caen-Paris, puis le B Squadron part pour reconnaître la situation. Celle-ci est dramatique, la plupart des chars du 2nd FF sont en feu ou plus que des  carcasses calcinées. les blindés du 23rd Hussars vont s'installés sur les positions de tête du 2nd Fife and Forfar Yeomanry, mais ils seront directement à portée des Panthers du SS-Obersturmbannführer (lieutenant-colonel) Jochen Peiper du 1er bataillon de la Leibstandarte Adolf hitler (1.SS-Pz-Div). Ce bataillon, mis en route vers midi  vient du Sud-Ouest, il arrive  à 18h30  dans le secteur de Bourguébus, et après avoir franchi la ligne des crêtes, le SS-Obersturmbannführer Peiper, apercoit les Sherman du 23rd Hussars en contrebas presque arrêtés. L'occasion est trop belle, Les Panthers en formation de combat dévallent la pente et font feu. Quatre Sherman sont détruits et commencent à brûler, les autre reculent, mais d'autres vont subir le sort des premiers. Le capitaine Balkman et le sergent Bateman du 23rd Hussars parviennent à détruire un Panther chacun, avant de l'être à leur tour. Le B Squadron tente de riposter. Le A Squadron se joint à lui, en arrivant sur sa droite, tandis que sur l'aile gauche, le C Squadron se glisse jusqu'à 300 mètres de Four aidé par une ondulation du terrain. Ils aperçoivent des Panthers qui se dirigent vers Cagny. Les Britanniques ouvrent le  feu et détruisent deux blindés. Les défenseurs allemands de Four les ont repérés et tirent dans le tas à bout portant en quelques minutes 16 Sherman sont détruits sans que ces derniers ne puissent répliquer. Déjà très éprouvé, après les durs combats à Cagny et Bourguébus le C Squadron sera réduit à  la taille d'une seule compagnie. Le bataillon de Peiper revendiquera une quarantaine de victoires sur le 23rd Hussars et ses éléments rattachés. Les Panthers ne continuent pas plus en avant, craignant d'être pris sous le feu de l'artillerie britannique. Cet engagement entre les Sherman du 23rd Hussars et les Panther de la 1ere SS-Panzerdivision "Leibstandarte Adolf Hitler", marque la fin des combats dans le secteur sud de l'offensive, ce 18 juillet.

 

A SUIVRE.