La Leibstandarte Adolf Hitler (1ere SS-PzDiv) va tenir ses positions-clés après avoir repoussé les troupes du North Nova Scotia Highlanders et les blindés du Fort Garry Horse, mais ne pourra pas se rendre maitre de Verrières qu'occupent les troupes du Royal Hamilton Light Infantry depuis le début de la matinée. Cependant le contrôle de Tilly-la-Campagne, va offrir à la 1ere SS-PzDiv une excellente vue sur la route de Caen à Falaise et son artillerie pourra prendre sous son feu les Canadiens retranchés à Verrières.

  Deux Kampfgruppen de la 9e SS-PzDiv seront formés pour prendre en tenaille le village de Verrières. Le lieutenant-colonel Otto Meyer commandant le premier Kampfgruppe composé de Panther et de Panzer IV, d'un bataillon de Panzergrenadiers, d'une division du génie utilisée comme infanterie ainsi qu'une batterie de canons de Flak (DCA) qui fera office d'anti-chars, devra attaquer depuis l'Est. Le second groupe de combat sera sous les ordres du lieutenant-colonel Emil Zollhöfer, possédant un régiment de Panzergrenadiers, une division de Stumgeschütz et une grande partie de l'artillerie divisionnaire, attaquera depuis l'Ouest. L'action des deux Kampfgruppen débute à 18h, le temps est couvert mais l'aviation alliée sera également présente au-dessus de la zone. A l'Ouest de Verrières, un groupe de huit blindés s'en prend aux positions avancées du Royal Hamilton Light Infantry, les engagements sont rudes, mais l'arrivée d'un escadron de chars du Royal Tank britannique conjointement à une douzaine de Typhoons de la Royal Air Force, entre 18h40 et 19h40, armés de roquettes et de  l'artillerie qui tire des obus fumigènes rouges  pour marquer les cibles aux appareils sauvent la position.

  La résistance acharnée canadienne à Verrières et autour de la "Fabrique" de Saint-Martin-de-Fontenay est telle qu'à 18h40, le Kampfgruppe Zollhöfer est dérouté pour la contre-attaque sur les villages de Saint-Martin et Saint-André-sur-Orne qui piétine. Le Kampfgruppe Meyer prend donc à lui seul la charge de prendre Verrières, mais lorsque la nuit tombe les Canadiens tiennent toujours la localité. Les villages de Saint-Martin-de-Fontenay et Saint-André-sur-Orne sont les objectifs dévolus du Kampfgruppe du Major Sterz de la 2e Panzerdivision de la Wehrmacht. Il est à noter que dans ces deux villages les troupes du Queen's Own Cameron Highlanders of Canada et les blindés du Sherbrooke Fusiliers font toujours face à la 272e division d'infanterie allemande. Le groupe de combat de Sterz est composé de son bataillon anti-chars équipé de Jagdpanzer IV,auquel s'est joint le 3e régiment de Panzerleichterzug, une compagnie de chars Panther et un bataillon de grenadiers montés sur des transports de troupes semi-blindés. Ces troupes ont repoussés plus tôt dans la matinée la deuxième attaque du Calgary Highlanders à May-sur-Orne . Le Major Sterz continu son action en repoussant les chars du 1st Hussars en lui infligeant de lourdes pertes, puis à 13h30 avec l'appui de la 10e SS-PzDiv Frundsberg à partir des hauteurs à l'Ouest de l'Orne, il engage ses Panther en direction du Nord, ce qui oblige les Canadiens à regagner leurs bases de départ. Le Kampfgruppe Zollhöfer lui apporte son concours pour repousser le Régiment de Maisonneuve qui était venu pour ne pas perdre la position au Nord des villages

  De son côté à 17h30 le lieutenant-général Guy Simmonds demande un renforcement des positions. De nouvelles attaques sur May-sur-Orne sont prévues pour stopper la contre-attaque de la 2e PzDiv sur Fontenay-le-Marmion pour aider le Black Watch, sur Rocquancourt et Tilly-la-Campagne, Simmonds espère encore le succès de Spring. A 18heures le major-général charles Foulkes entouré de ses brigadiers étudie les ordres de batailles de la nuit et du lendemain, suite au nouveau plan de Simmonds. Le général de brigade Young de la 6th Brigade déclare qu'à son avis il est impossible de lancer un assaut dans ce secteur, tant que les Allemands tiennent les positions sur les hauteurs à l'Ouest de l'Orne. Foulkes est d'accord et décide d'en parler avec Simmonds, mais celui-ci anticipant sur  sa démarche s'est rendu au QG du général de corps d'armée Miles Dempsey.  Le général se range à l'avis de Simmonds, et décide d'arrêter l'opération Spring pour consolider le peu de terrain gagné sans engager de nouvelles troupes. Mais à cause de la contre-attaque allemande qui se généralise, la 2nd Infantry Division attaque avec l'appui de toutes les batteries du corps d'armée Rocquancourt à 18h30, May-sur-Orne à 21h et encore le 26 juillet à l'aube sur Fontenay-le-Marmion. Mais l'action sur Tilly-la-Campagne est annulée.Tous ces engagements n'ont qu'un effet limité, hormis la stabilisation du front jusqu'à l'opération Totalize.

  Dans la soirée la 272e ID qui à subi de lourdes pertes, est relevée par la 9e SS-PzDiv Hohenstaufen sur ordres directs du feldmarechal von Kluge. La 2e PzDiv du général Freiherr von Lüttwitz s'avance en seconde ligne à la place de la 9e SS-PzDiv et se tient prête à contre-attaquer. De son côté von Kluge et l'état-major du front Ouest attendent toujours la grande attaque au Sud de Caen qui ouvrirait les portes de Paris.Le fieldmarechal britannique Bernard Montgomery à craint un instant que le départ retardé de l'opération Cobra le 24 juillet n'est alerté les Allemands, mais bien au contraire ce retard à renforcé leur croyance dans une attaque de grande envergure à l'Est. Pour ne pas dégarnir cette zone, von Kluge préfère rappeler des renforts du Groupe d'armée B basés dans le Sud de la France, ainsi que de la XVe armée au Nord de la Seine. La véritable situation va apparaitre aux Allemands le 27 juillet et ces deux jours de retard ne seront jamais repris. Le 27 au soir la 3rd armée du général Patton est sur la route de Coutances et le 30 à Avranches. sur ordres directs du Führer toutes les forces blindées allemandes sont mobilisées pour la contre-attaque sur Mortain (Opération Lüttich). Celà à pour effet de dégarnir le front à l'Est permettant enfin la percée sur Falaise.

  Il est impossible d'établir avec certitude le nombre de pertes des unités canadiennes et allemandes pour la durée de l'opération Spring, il n'existe que des dénombrements partiels. La journée du 25 juillet est certainement la journée la plus sanglante pour les forces canadiennes. Les états officiels font états de 1 202 pertes dont 362 tués au combat, mais toutes les pertes de cette journée n'ont pas été comptabilisées pour le 25 juillet. Le Black Watch totalise 167 pertes dont 83 tués pour le 25 juillet, mais auront également 140 autres supplémentaires entre le 26 et 28 juillet sans que le bataillon n'est été engagé ces jours-là. Au final 5 officiers et 118 hommes de troupe ont été tués dans le bataillon pendant l'opération Spring. Le North Nova Scotia Highlanders annonce la perte de 139 hommes (61 tués au combat, 46 bléssés et 32 prisonniers) de tout grades pour la journée du 25 juillet et 293 autres, dont 52 tués pour les jours suivants. Le Royal Hamilton Light Infantry qui tient Verrières en livrant de rudes combats pendant plusieurs jours totalise plus de 200 pertes dont 53 tués.Les états du 26 au 28 juillet font apparaitre en plus des pertes du 25 juillet 432 autres supplémentaires dont 113 tués, ce qui fait un total de 1 634 pertes dont 475 morts, mais  celles-ci ne sont  pas à imputer à l'opération Spring. Elles seront globalement estimées à 1 500 pertes dont 450 tués.

  Aucun états précis des pertes n'existe pour les troupes allemandes. Le général Zimmermann de l'état-major du commandement Ouest avance le chiffre de 51 075 pertes entre le 15 juillet et le 7 août. Un historien de la 9e SS-Panzerdivision Hohenstaufen donne environ 2 000 pertes pour cette seule unité les derniers jours de juin et au cours du mois de juillet 1944.

  Les soldats canadiens morts durant l'opération Spring reposent au cimetière militaire de Bretteville-sur-Laize et les Allemands sont regroupés et inhumés au cimetière de la Cambe.

 

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                                 ( Création Michel d'Auge ).

 

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Le lieutenant-colonel Otto Meyer, avec son Kampfgruppe il participe à la contre-attaque sur Verrières tenu par les troupes du Royal Hamilton Light Infantry. Cependant malgrè de violents combats il ne parviendra pas à s'emparer du village. (Bundesarchiv).

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                          Emblème de la 2e Panzerdivision de la Wehrmacht.

 

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                         Blason dividionnaire de la 10e SS-Panzerdivision Frundsberg.

 

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Le Capitaine Callum Thompson aumonier canadien, procède à un service funéraire lors de la bataille de Normandie. (Auteur Lieutenant Donald I Grant).