Jack W. Schlegel est né le 14 novembre 1923 à Bremerhaven en Allemagne, ses parents émigrent aux Etats-Unis en 1930. Le jeune homme s'engage volontaire dans les toutes nouvelles troupes aéroportées en 1942, il obtient son brevet de parachutiste en 1943. puis est affecté au 3e bataillon du 508e régiment d'infanterie de la 82nd Airborne Division, qui prend ses quartiers au camp Shanks à New-York.  Le 27 décembre 1943, le bataillon embarque pour l'Irlande et arrive sans emcombre à Belfast le 8 janvier 1944, les hommes ont droit à un complément d'entrainement puis le 508e part pour Nottingham où il sera cantonné jusqu'au débarquement.

  Vers 1h00 du matin le mardi 6 juin 1944, le C-47 dans lequel se trouve Jack survole la Normandie, il est violemment pris à partie par la DCA allemande et son moteur gauche est touché. L'appareil perd de l'altitude, l'odeur nauséabonde d'essence qui empli la carlingue est si irrespirable que les paras sautent sans avoir procédés aux vérifications du harnachement. Jack saute en dernière position pendant sa descente il voit le Dakota qu'il vient de quitter s'écraser au sol. La chute du groupe ne dure à peine trente secondes, mais le sol humide amorti la reception. Après s'être regroupés les Américains commencent le trajet vers Sainte-Mère-Eglise, sur la route de Picauville près du château de Bernaville ils sont rejoints par un autre groupe commandé par le lieutenant Malcolm Bannen. C'est précisément ici que l'officier va monter une embuscade en entendant une voiture arriver par la route. Cette voiture transporte le général Wilhelm Falley commandant la 91e DI allemande qui se rendait à son QG situé dans le parc du château. Une fusillade éclate au passage de la voiture qui percute le mur d'enceinte de la maison bordant la route. Cette attaque va couter la vie au général Falley et à son aide de camp le major Bartuzat. L'officier allemand était en charge du secteur et sa mort va paralyser un certain temps la réaction de ses troupes, ce qui sera bénéfique pour les hommes de la 4e division qui doivent débarquer sur Utah Beach quelques heures plus tard. Avant de se remettre en route, Jack Schlegel fouille la voiture et trouve le drapeau divisionnaire du général, trop encombrant il le cache dans une grange voisinne, comptant le récupérer plus tard.

  En route pour rejoindre Sainte-Mère-Eglise, les parachutistes sont accrochés par des troupes d'infanterie appuyées par un blindé. Encerclés et en infériorité numérique, les Américains doivent se rendre, Jack se retrouve avec 250 autres prisonniers dans la cour d'un château. Ils seront transférés le 7 juin près de Saint-Lô, mais le convoi sera attaqué par l'aviation alliée, causant la mort de nombreux parachutistes captifs. Profitant de la confusion Jack tente de s'échapper mais sera repris aussitôt. Comme il parle couramment allemand, il est conduit à Rennes auprès du docteur Enzinger un medecin militaire pour lui servir d'interprête, c'est d'ailleurs lui qui apprendra au jeune homme que les troupes américaines arrivent et que la guerre est perdue pour l'Allemagne. Le docteur Enzinger lui procure un laissé-passé pour aller dans un autre hôpital Rennais, une aubaine pour Jack qui en profite pour se faire la belle et part retrouver la Résistance. Quelques jours plus tard il est de retour dans les lignes américaines, alors qu'il est conduit à Utah Beach, Jack repasse à la grange ou il avait dissimulé son drapeau, il le retrouve à la même place, plus tard il en fera don au musée de Sainte-Mère-Eglise. Le jeune parachutiste regagne la Grande-Bretagne et son unité, il prendra part aux combats aux Pays-Bas puis dans les Ardennes belges et finira avec le grade de sergent.

  Après la guerre Jack va travailler à New-York dans une société de fourrure gérée par son père. En 1948 il épouse Elaine Knapp qui lui donnera deux fils et une fille, puis il va fonder une agence de sécurité à son nom après avoir servi comme superviseur pour deux mandats dans les forces de police de Mount Tremper dans le comté d'Ulster (New-York). Jack prend sa retraite en 1970, mais restera très actif physiquement et mentalement il s'occupe régulierement du ménage de la maison, de ses souvenirs de guerre et collectionne les chopes de bières allemandes. Malgrè les années l'ex-parachutiste n'à jamais oublié la Normandie où il à lié des amitiés avec beaucoup de personnes, il s'y rend aussi souvent qu'il peut. Jack Schlegel est décédé paisiblement le 11 juin dernier chez lui à Mount Tremper, seulement quelques jours après son retour des commémorations du D-Day en Normandie.

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Jack Schlegel (1923-2014) lors de sa dernière présence en Normandie pour le 70e anniversaire du D-Day, pose devant le panneau du chemin qui porte son nom à Picauville. (ouest-france.fr)

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Jack lors de sa démobilisation.

 

 

In Memory....................................................................................................................