Hans-Ulrich von Luck und Witten, de son nom complet, et né le 15 juillet 1911, à Flensburg dans la province du Schleswig-Holstein, au sein d'une famille prussienne avec des vieilles racines militaires remontant au XIIIe siécle. Le 1er avril 1917, von Luck entre à l'école  monastique de Flensburg, où il étudie les langues classiques comme le grec et le latin, ce qui l'aida beaucoup pour la compréhensions des langues étrangères, Au fil des mois il posséde une parfaite maitrise de l'Anglais, du Français et du Russe. Celà lui sera bénéfique au cours de la seconde guerre et après cette dernière il met à profit sa bonne connaissance du russe pour pouvoir négocier sa libération.

  En 1929, après son Abitur (qui marque sa fin de scolarité du secondaire), Luck sert comme cadet-officier dans un    régiment de cavalerie en Silésie, mais il comprend très vite que la cavalerie montée est appelée à disparaitre au profit des Panzer. Entre 1931 et 1932, pendant neuf mois, pour pouvoir compléter sa formation d'officier subalterne von Luck assiste à des cours à l'école de guerre de Dresde, dispensés par Erwin Rommel, qui deviendra quelques années plus tard une figure marquante de l'armée allemande. A l'automne 1932, il est promu lieutenant et l'année suivante son unité touche ses premieres Leichter Panzerspähwagen (voitures lègères blindées). Le 30 juin 1934, avec son unité von Luck participe à la Nuit des Longs Couteaux arrêtant plusieurs Sturmabteilung (SA).

  En 1936, Hans von Luck prend le commandement de la IIIe compagnie du 8e bataillon blindé de reconnaissance basé à Postdam, où il passe beaucoup de temps sous la supervision personnelle du général Heinz Gudérian qui était en charge de former les doctrines de la nouvelle force blindée allemande. Von Luck à  passé plusieurs années à servir dans diverses unités de blindés et voyage beaucoup à travers l'Europe pendant ses congés. Peu avant le début de la seconde guerre il est transféré à la 2e force blindée légère, pour servir dans le 7e bataillon de reconnaissance blindé.

  le 1er septembre 1939, l'Allemagne attaque la Pologne et le jeune officier dirige le groupe de reconnaissance occupant l'avant garde de la division. La 2e force légère blindée  retourne en Allemagne après la Pologne, pour qu'elle soit reconstituée et deviendra la 7e Panzerdivision, commandée par une ancienne connaissance de Hans von Luck, Erwin Rommel. Lors de la campagne de France en 1940, von luck sera légérement bléssé  le 18 mai et après une nuit de repos il retourne dans son unité. Le 28 mai dans le secteur de Lille, la division avance plus rapidement que prévu et l'artillerie allemande croyant la division plus en retrait déclenche un violent tir de barrage . Pendant ce déluge de feu le commandant du 37e bataillon de reconnaissance est tué et Rommel le remplace par von Luck, bien que celui-ci soit le deuxieme plus jeune commandant de compagnie. Au cours du replit de la Force Expéditionnaire Britannique à Dunkerque, la 7e division est placée en repos et durant cette accalmie Hans von Luck reçoit la Croix de fer.

  Début juin, la 7e DB reprend sa progression dans le secteur de la Seine, afin de sécuriser les ponts proches de Rouen en deux jours la division parcour 100km et arrive en vue de la ville normande mais trouve les ponts détruits. Von Luck se dirige alors vers la côte, qu'il atteint le 9 juin, là Rommel lui  donne l'ordre de prendre cap au sud avec son bataillon de reconnaissance soutenu par une batterie de 88mm, pour capturer le port de Fécamp. Une fois sur place il constate de deux destroyers  britanniques sont à quais dans le port et bien que ses moyens soient très limités ( il possède quelques canons de 88mm et les 3,7mm de ses blindés légers), von Luck ordonne à ses force de tirer sur les deux destroyers, les infrastructures portuaires, la station radio et la ville, dans l'espoir que la garnison française qui tient la place se rende. Le tir de barrage force néanmoins  les Français à se rendre, tandis que les deux destroyers quittent hâtivement le port. Le 18 juin Cherbourg est prise par la division, cette dernière est transférée dans la région parisienne dans le but d'être préparée pour l'opération Seelöwe (invasion de la Grande-Bretagne), mais lorsqu'il devient évident que la Lufwaffe ne soit pas en mesure d'obtenir la maitrise du  ciel, l'opération est reportée plus tard, avant d'être totalement abandonnée. Fin juin suite à la capitulation de la France (le 21) la division rentre en Prusse Orientale.

  Von Luck poursuit sa carrière militaire et prend part à l'invasion de l'URSS en 1941, où il est promu capitaine. Le 2    janvier 1942, le terrible hivers russe force les troupes allemande à s'arrêter à seulement 100km de Moscou. Ce jour-là Hans von Luck est décoré de la Croix de Fer en or, puis apprend qu'il doit se rendre en Afrique à la demande de Rommel. Il arrive sur le front africain le 8 avril 1942, où il reçoit le commandement du 3e Panzerabteilung de reconnaissance. Il est blessé à une jambe par des éclats d'obus lors d'un combat contre des chars alliés dans le secteur de Gazala en mai et malgrè la souffrance il refuse d'être retiré dans un hôpital de campagne. Lorsque Rommel décide de se replier à travers les lignes partiellement défendues de Gazala, von Luck prend en charge la protection du sud du replit. Durant cinq jours, avec un dosage régulier de morphine pour soulager  la douleur de sa jambe, Hans von Luck conduit son bataillon qui se replie. début juin l'Afrikakorps à réussi à se désengager et von Luck est évacué vers un hôpital de campagne, alors que Rommel reprend l'attaque.

  La blessure de von Luck s'est infectée et il envoyé en Allemagne pour y être mieux soigné. En septembre l'officier est déclaré apte au service et retourne en Afrique dans son ancien poste. Il assure la protection sud de l'Afrikakorps. Son bataillon se trouve alors stationné dans une oasis près de Siwa, où le calme règne, la seul menace occasionnelle vient des raids des commandos britanniques ( les fameux Rats du Désert). A la suite de la deuxieme bataille d'El Alamein,  les Britanniques sous les ordres de Montgomery percent les lignes allemandes et Rommel ignore les ordres directs d'Adolf Hitler de tenir les positions, et fait replier ses forces. Le 1er février 1943, Rommel attaque les Américains au Maroc, et von Luck couvre encore une fois  les flancs, avant de passer à l'offensive, les troupes américaines reculent et dix-huit jours plus tard, il est chargé de capturer le passage de Kasserine par une attaque surprise. Dès le lendemain Rommel lance les 21e et 10e Panzerdivisions qui brisent la passe en quelques minutes, les chars américains n'étaient pas de taille pour affronter les blindés allemands. Les jours suivants von Luck soutient l'avance mais son bataillon à perdu une grande quantité de véhicules blindés et de munitions, au début mars il est retiré en arrière conservé comme réserve.

  Cependant pour l'Allemagne tout est perdu et le 6 mai, les forces d'Afrique se rendent aux alliés, avec près de 130    000 hommes. Entre temps von Luck était en Allemagne et lui fut impossible de rejoindre le sol africain. En août il est affecté à l'école de reconnaissance à Paris où il enseigne les ficelles du métier à des jeunes officiers. Puis en avril il assume le commandement d'un bataillon d'élite de la Panzer-Lehr, avant d'apprendre qu'il est affecté à la 21e Panzerdivision stationnée près de Rennes. Il prend ses fonctions le 6 mai, le jour même où les forces d'Afrique se rendaient. La division avait été reconstituée en à la fin 1943, après la perte de beaucoup d'hommes et de matériels en Afrique. Un noyau d'hommes et d'officiers composés de vétérans de Russie ou d'Afrique, et des jeunes recrues constituent les forces principales de la nouvelle division, elle est placée sous le commandement du général d'artillerie Edgar Feuchtinger qui n'à aucune expérience des tactiques de combat des panzer. Une grande partie du matériel de la division  a été capturé ou détruite en Afrique et ses forces blindés seront constituées de véhicules de prises modifiés et de chars allemands assez anciens. Von Luck est nommé à la tête du 125e Regiment de Grenadiers, il est stationné à Vimont au nord-est de Caen, au grade de Major.

  Dans les premieres heures du débarquement de Normandie, le 2e bataillon conduit une attaque rapide contre les    parachutistes britanniques  et fait quelques prisonniers. Mais seul Hitler avait le pouvoir de faire bouger les divisions de panzer et la 21e dû se contenter d'attendre une grande partie de la journée du 6 juin en retrait des combats, tandis que les troupes qui défendaient la côte commençaient à perdre du terrain. Pendant les premiers jours du D-Day, le major Hans von Luck tenta à plusieurs reprises de reprendre les ponts de Ranville et Bénouville aux parachutistes Britanniques, mais ces derniers avaient été déjà recu des renforts d'autres unités. Le 12 juin  le Kampfgruppe Luck bénéficiant de l'ajout d'une brigade de Nebelwerfers (lance-fusées), reprend le village de Sainte-Honorine, mais une furieuse contre-attaque canadienne dans ce secteur force von Luck à faire replier ses troupes.

  A la fin juin,  von Luck tient le flanc droit des troupes allemandes de Caen, lorsque l'opération Epsom débute,    la 11e DB Britannique attaque les positions occupées par le 192e Regiment le 27 juin, mais les blindés britanniques avancent sans soutien et les pertes furent nombreuses, cependant certains ont  réussis à progresser vers la banlieue ouest de Caen. En juillet le Panzer-Abteilung 503, équipé de blindés lourds, comme le Tigre I et d'autres éléments d'artillerie détachés du 1er SS-Panzer  Corps viennent renforcer le dispositif du Kampfgruppe Luck. Le matin du 18 juillet les Britanniques déclenchent l'opération "Goodwood", et von Luck qui revient de trois jours de congés à    Paris, arrive juste après le bombardement suivi du barrage d'artillerie, qui avait frappé le Kampfgruppe et le major est attéré de s'apercevoir que l'officier qui le remplaçait pendant son    abscence n'avait pris aucune mesure et s'était contenté de subir. Von Luck reprend vite le commandement et part en reconnaissance, et apercoit les longues files de blindés britanniques dans le secteur de Cagny. Il dépêche une batterie de 88mm de la Flak de la Luftwaffe stationnée dans le secteur pour empêcher les Sherman d'avancer plus en avant. Mais devant le refus du jeune capitaine commandant la batterie, von Luck doit le menacer de son arme, et celà fait l'effet escompté. Von Luck passe toute la journée à combler les lacunes de ses lignes. La plupart des armes du Kampfgruppe avaient été endommagées ou détruites par le déluge des bombardements de la matinée et seuls quelques éléments de défenses antiaériennes reconverties en antichars avaient constitués le faible moyen de défense, contre l'avance des blindés britanniques, avant que des éléments de la 1er SS-Panzerdivision "Leibstandarte Adolf Hitler" viennent renforcer le dispositif dans l'après-midi.

 Pour le rôle que von Luck a joué au cours de "Goodwood" il est décoré de la Croix de Chevalier de la Croix de Fer, le    8 août 1944 et promu Oberstleutnant (colonel). Lors de la bataille de la Poche de Falaise, von Luck fut chargé de maintenir l'extrémité ouest du goulot de la poche ouvert jusqu'au 21 août, par lequel les troupes allemandes sont passées, cependant pour la plupart des divisions le matériel lourd et de nombreux véhicules ont été détruits dans la Poche. Le colonel reçut le commandement des restes de la 21e Pzdiv, pour mener une action d'arrière-garde face aux forces de Patton au sud de la Seine jusqu'au  26 août. Le 9 septembre les débris du Kampfgruppe Luck arrivent près de Strasbourg il est alors incorporé à la Ve armée blindée du général Hasso von Manteuffel opérant en Lorraine. En janvier 1945, von Luck participe à l'opération "Nordwind" et tente la reconquête de Hatten dans le Bas-Rhin, et lorsque la division est déplacée sur l'Oder, le colonel joua un rôle important dans les  opérations le long de la Reitwein Spur. Von Luck se rend aux Soviétiques au cours de la bataille de Halbe en avril 1945.

  Hans von Luck à passé plusieurs années interné dans un goulag géorgien, avant d'être libéré. Revenu dans la vie civile il s'impliqua beaucoup dans des associations d'anciens combattants et donna de nombreuses conférences militaires devant des étudiants. Il noua également des liens d'amitiés envers d'anciens adversaires, notament avec le major John Howard de la 6th Airborne qu'il avait combattu durant les premieres semaines du débarquement de Normandie. Il fut aussi un grand ami de l'historien américain Stephen E. Ambrose. Hans von Luck  publia ses mémoires de guerre  en 1989 intitulées " Panzer Commander The mémoirs of Colonel Hans von Luck". Il meurt  le 15 janvier 1997.

 

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Hans von Luck 1911 - 1997. (pinterest.com)

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                                                              (Bundesarchiv)

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                                                Von Luck en Afrique. (Bundesarchiv).

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Pendant l'opération Goodwood, le lieutenant Brandomir à gauche commandant le 3 Ko du I/125 PzRgt fait son rapport au colonel von Luck au centre. (Bundesarchiv).

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Le generalleutenant Edgar Feuchtinger commandant la 21e PzDiv, Artilleur de formation il n'avait aucune connaissance des techniques de combats des chars. (Bundesarchiv).

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Les mémoires de guerre de von Luck. la préface de ce livre sera signé par l'historien américain Stephen E. Ambrose.

 

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L'officier retournait chaque année en juin à Bénouville et y retrouvait le major John Howard. Après s'être affronter en 1944, les deux officiers étaient devenus des amis.