James Maurice Gavin (souvent appelé Jim) est né le 22 mars 1907, à Brooklyn, ses origines restent incertaines. Sa mère Katerine Ryan serait d'origine irlandaise, comme son mari James Nally, mais les documents officiels mentionnent que ce dernier s'appèle Thomas Ryan. Très jeune ses parents le place à l'orphelinat du Couvent de la Pitié de Brooklyn; où en 1909 il fut adopté par Martin et Mary Gavin issus d'une famille de miniers du Mount Carmel en Pennesylvanie

  Le jour de son 17e anniverssaire James quitte le foyer de ses parents adoptifs pour echapper aux mauvaises conditions sociales et prend un train de nuit pour New-York. En arrivant à destination il fait prévenir ses parents par télégramme pour leur dire que tous va bien et de ne pas signaler sa disparition à la police, il veut simplement trouver un emploi à New-York. En mars 1924, après avoir discuté avec un officier recruteur de l'US Army, James décide de s'engager, mais il a moins de 18 ans, et doit avoir l'accord de ses parents, sachant que ceux-ci refuseraient, il déclare qu'il est orphelin. Avec deux autres candidats eux aussi orphelins, James est conduit devant un avocat qui déclare être leur gardien et signe l'accord parental.

  Il prète serment à l'armée le 1er avril 1924, et doit rejoindre le Panama où il fit ses classes. Il était affecté au sein d'une unité d'artillerie côtière servant un canon de 155mm. Le Panama n'était pas une affectation très confortable en raison de la chaleur et des moustiques porteurs de malaria, malgrè tout James Gavin gardait un bon souvenir de cette période. Pendant son temps libre, il lit beaucoup, passant de longues heures à la bibliothèque "Great Captains". Quelques années plus tôt, il avait été forcé de quitter ses études à la fin du primaire, conscient que son manque d'éducation serait un handicap, il veut absolument évoluer. Il se consacre également à de longues explorations des environs, pour  assouvir sa soif de connaissances sans limites. Le First Sergeant de son unité, un Amérindien prénomé "Chef " Williams remarque très vite le potentiel du jeune homme et lui propose de devenir son second et quelques mois après James Gavin et promu caporal.

 Voulant faire carrière dans l'armée, Gavin suit les conseils de Williams et postule pour entrer dans une école militaire locale, dont les meilleurs diplomes pouvaient ouvrir les portes de l'académie de West Point. Il réussi les tests physiques et entre avec une douzaine d'autres soldats dans l'école Corozal Town au Belize. Il  commence ses études le 1er septembre 1924 et un mois plus tard il réussi son examen pour pouvoir continuer le cursus principal de quatre mois, en vue de la préparation des examens d'entrée à l'académie de West Point. L'officier qui lui sert de tuteur est le lieutenant Percy Black, lui enseigne de 8 heures à midi, l'algèbre, la géométrie; l'Anglais et l'histoire. Il progresse énormément et grâce à l'enseignement de Black il réussi ses examens pour intégrer West Point.

  James intègre la prestigieuse institution de formation pendant l'été 1925 et pour cacher le fait de son engagement à 17 ans son dossier signal qu'il à 21 ans  (alors qu'il n'en à seulement 18). Il n'avait jamais eut l'éducation de base pour la compréhension des leçons et pour y remédier il se lève tous les jours à  4h30 pour lire dans la salle de bains seul endroit où la lumière était satisfaisante. Durant quatre années il travaille dur et fini par obtenir son diplome en juin 1929. Il est alors promu second lieutenant et peu après il épouse Irina Baulsir le 5 septembre 1929.

  Le jeune officier est affecté au Camp Harry J. Jones en Arizona dans le 25e régiment d'infanterie. Cette unité est composée d'Afro-américains, et Gavin occupe le poste jusqu'en 1932. Après celà il entre à l'école d'infanterie de l'armée à Fort Benning en Géorgie. Le directeur de l'école n'était autre que le colonel George C. Marshall (futur général qui sera conseillé militaire du président Roosevelt pendant la seconde guerre ). Marshall avait engagé Joseph Stilwell (lui aussi deviendra général) pour diriger le département tactique de l'école. James Gavin trouvait enfin là ce qu'il désirait avant tout: une armée à la recherche d'innovations et de nouvelles possibilités.

  L'enseignement prodigué par les deux officiers allait à l'encontre de ce qui était alors en vigeur dans l'armée américaine de l'époque. Ils apprenaient aux éléves de na pas se fier aux ordres écrits, mais donner les grandes lignes aux officiers qui étaient sur le terrain libres à eux de trouver la manière de les exploiter au mieux et laisser aux commandants sur le terrain l'initiative de réflexion tactique. Joseph Stilwell impressionna beaucoup Gavin et il dit en parlant de lui et de ses méthodes: << C'était un officier superbe à ce poste, un dur et rude travailleur, et il éxigeait beaucoup, insistant sur le fait que tout ce vous demandiez aux troupes, vous deviez être capable de le faire vous-même    >>. C'est pendant son séjour à Fort Benning que Gavin apprit à dévélopper et se fier à son propre style de commandement.

 Le jeune officier se plut beaucoup à Fort Benning, et sa femme l'avait accompagné et vivait dans la ville à proximité du camp. Cependant son mariage battait de l'aile, et à l'occasion des fêtes de Noël de 1932 passées dans la belle famille de Gavin, à Washington DC, sa femme déclara qu'elle n'était plus heureuse et resta chez ses parents. En 1933 elle donna naissance à une fille, Barbara, les époux divorceront après la guerre. Entre 1933 et 1936, James Gavin fut affecté à divers postes, dont un aux Philippines et fut très concentré par les capacités américaines de contrer les projets d'expansion des Japonais. Il trouvait que les 20 000 soldats américains qui s'y trouvait était pauvrement équipés.

  Gavin retourna aux Etats-Unis après un an et demi passé aux Philippines et fut promu capitaine avant de recevoir son premier commandement comme officier de la compagnie K du 7e régiment d'infanterie, stationné à Fort Ord en Californie. Au cours d'un match il est blessé à l'oeil droit  et  consulte un medecin  externe au camp, qui lui diagnostique un détachement de la rétine, et lui conseille de porter un pansement à l'oeil pendant 90 jours, mais Gavin n'en fait rien pour que l'armée ne s'aperçoive pas de sa blessure, ce qui pourrait mettre un terme à sa carrière.

 Peu après il est muté à l'académie de West Point pour travailler à l'école tactique. Cette fonction pemettait à James Gavin de  développer ses capacités dans ce domaine. Alors que la guerre venait d'éclater et que la Blitzkrieg (guerre éclair ) allemande déferlait sur l'Europe, l'école tactique de West Point est sollicitée pour anlyser et comprendre les véhicules et armements allemands. Son supérieur à l'académie le qualifia "d'instructeur naturel" et ses étudiants déclarèrent qu'il était le meilleur de  leurs professeurs. Il était très concerné par que le fait que les véhicules de l'armée américaine seraient au mieu une copie de ceux des Allemands. << Ce ne sera pas suffisant de copier les Allemands >> déclara-t-il et pour la première fois Gavin parla de forces aéroportées. Il se montra tès intéressé par l'attaque des parachutistes allemands sur le Fort d'Eben-Emael en mai 1940, cet évenement le poussa à se porter volontaire pour les troupes aéroportées.

  Le capitaine Gavin commença son entrainement de juillet à  août 1941 à Fort Benning à l'Airborne School avant de rejoindre une unité expérimentale. Peu après il assura le commandement du 503th Parachute Infantry Regiment nouvellement crée. Le général William C.  Lee commandant des troupes parachutistes laissa à Gavin le soin du développement des tactiques et des règles du combat aéroporté. Lee fit de Gavin son officier d'opérations et d'entrainement (S3) et le nomma major le 16 octobre 1941. Sa première priorité fut de déterminer comment les troupes aéroportées seraient utilisées plus efficacement possible. Il écrit alors un manuel intitulé " Tactics and Techniques of Air-Borne Troops " dans lequel il s'inspirait des modèles allemands et soviétiques dans l'utilsation du planeur, mais exposait également sa propre expérience sur la tactique et le combat. Son livre contenait des informations sur la tactique et sur les troupes parachutistes, les missions qu'elles seraient amenées à effectuer et les moyens pour pouvoir les mener efficacement.

  Gavin à joué un rôle très actif dans la creéation de la 82nd Airborne Division qui fut la première division  aéroportée    américaine, Cette unité  stationnée à Camp Claiborne en Louisianne était au départ une divison d'infanterie, avant d'être reconvertie en unité parachutiste. En août 1942, Gavin prendra le commandement du 505th PIR avant de recevoir le grade de colonel. il le mena au combat dans l'opération "Husky" en juin 1943 en Sicile. Tout au long de la guerre il resta dans la division    qu'il avait aidé à modifier, grâce à ses capacités tactiques et sa vision du commandement. Pendant la bataille de Normandie il reçut le grade de général et prit le commandement en second de la division.

  Après la guerre James Gavin à joué un rôle important dans l'intégration des Afro-américains et dans la lutte contre la ségrégation dans les rangs de l'US Army et incorpora le 555th bataillon composé uniquement d'Afro-américains dans sa division. Le commandant du 555th, le colonel Bradley Biggs dira plus tard que Gavin était sans doute l'officier de l'armée en service le plus "indifférent à la couleur". Gavin quitta l'armée en 1958 avec le grade de lieutenant-général, puis peu après il est engagé par la société Athur D.  Little, une compagnie de conseils. Il en fut nommé vice président, puis élu président en 1960 et prendra sa retraite en 1977. Pendant cette période Arthur D. Liitle se transforma  en  socièté américaine de 10 millions de dollars de chiffre d'affaire à une société internationale à 70 millions de dollars.

 Entre 1961 et 1962, James Gavin prit congé provisoirement d'Athur D. Little pour répondre à la demande du président John F. Kennedy qui lui confiait le poste d'ambassadeur américain en France. Le président américain désirait rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays qui s'étaient détériorées. L'expérience de  l'ancien militaire en France pendant la deuxième guerre mondiale et sa relation du temps de la guerre avec de Gaulle devait faciliter les relations, ce qui s'avéra exact.

  James Gavin s'était remarié en seconde noces avec Jean Ermet Duncan de Knoxville (Tennessee) en 1948. Il adopta la fille que son épouse avait déjà d'un premier mariage et eut trois autres filles. Au début des années 80, il apprend qu'il est atteint de la maladie de Parkinson, ses apparitions publiques se font de plus en plus rares. Très diminué par la maladie, James Gavin meurt le 23 février 1990 à Baltimore. Il sera inhumé à la Vieille Chapelle de West Point.

Quelques particularités du personnage.

    Il fut le plus jeune lieutenant-général depuis la guerre civile américaine.   

   Lors de ses campagnes, il est également surnommé le "jumping général" ( général sauteur) et ses hommes qui l'appréciaient beaucoup l'avait aussi bâptisé " Slim Jim" (Jim l'élancé) une allusion à son allure élancée.

   Pendant la campagne d'occupation des troupes alliées en Allemagne, on lui prête une liaison amoureuse avec l'actrice d'origine allemande Marlène Dietrich engagée dans les troupes américaines

   Lorsqu'il prit le commandement du 505th PIR, il organisait personnellement les missions d'entrainement et menait lui-même ses hommes durant les longues marches. Il disait aux officiers qu'ils devaient être un exemple pour les troupes. Il voulaient qu'ils soient < les premiers à la porte de l'avion pour sauter et les derniers à la queue pour la bouffe>. cette pratique est toujours en application dans les troupes parachutistes américaines actuelles.

                             General-20James-20Gavin

                                                James M. Gavin.

             OUJDA--French-Morocco--Col_-James-M_-GAVIN--505th-PIR-CO--i

Peu avant le déclenchement de l'opération "Husky " le colonel James Gavin inspecte l'équipement des ses troupes, sur le terrain de Oujda au Maroc.

              ridgway

Quelques semaines après le débarquement de Normandie, James Gavin est décoré par le général Omar Bradley, pour actions méritoires, notamment  lors des combats dans le secteur de la Fière. Les deux autres officiers sont de droite à gauche: le lieutenant-colonel Benjamin Vandervoort du 2nd bat/505th et le le lieutenant-colonel Edward Krause du 3rd bat/505th PIR qui sont décorés pour avoir tenu Sainte-Mère-Eglise, dès les premières heures du 6 juin.

 

                      market

Le 17 septembre 1944 opération Market Garden, James Gavin s'équipe quelques heures avant le décollage pour la Hollande.

                         life

          Le général Gavin vers la fin de sa carrière, à la Une du magazine américain Life.

      Gavin1

Le général James Gavin (au centre) en Normandie lors des cérémonies du 40e anniverssaire du débarquement. (Avec l'aimable autorisation de Roger Cornelis).

       Gavin2

                                                       (Collection de Roger Cornelis).