Cette unité était une division de la 1ere Armée canadienne mobilisée le 1er septembre 1939 au début du deuxième conflit mondial. Initialement composée de bénévoles issus des brigades régionales, un arrêt des recrutements pendant les premiers mois de la guerre ont causés des retards dans sa constitution. Entre mai et juin 1940, à la demande du Premier ministre Winston Churchill les commandements respectifs de la division sont formés puis entre août et décembre 1940, elle est déployée en Grande-Bretagne.

  A la suite de ses bons résultats pendant les exercices de 1941 à 1942, des éléments de la 2e division sont choisis pour former la force principale de l'opération Jubilee visant un débarquement dans le port français de Dieppe, le 19 août 1942. Appuyées par un soutien naval et aérien, les 4e et 6e Brigades prennent d'assaut les plages Dieppoises, malgré des renforts les troupes canadiennes subissent des pertes considérables et sont forcées de réembarquer, moins de la moitié des effectifs parviendra à regagner l'Angleterre. Bien qu'à cette époque le Mur de l'Atlantique était en construction, le désastre du raid sur Dieppe avait mis en lumière que les Allemands venaient de renforcer les ports principaux de la Manche et tenaient solidement les côtes. Des enseignements en furent tirés pour la conception de l'opération Overlord de juin 1944. Il est à noter que d'autres petis groupes ont également participés à l'opération Jubilee, on y retrouve notamment des commandos britanniques, Français libres et une cinquantaine de Rangers américains

  Tout au long de l'année 1943, la 2e division est en pleine phase de reconstitution des ses forces décimées sur les plages Dieppoises, puis rejoindra le 2e Corps canadien intégré à la 2nd British Army. Le général Charles Foulkes prend le commandement. Après de nombreuses modernisations aux seins des forces canadiennes, la formation s'intensifie à partir de mars 1944, annonçant l'éminence de l'invasion de l'Europe. Début mars la division est inspectée par le roi George VI. Le 6 juin 1944, sur Juno Beach, l'assaut canadien principal est conduit par la 3rd Division, tandis que la 2nd est resté en réserve. Elle interviendra dans les jours qui ont suivis le Jour-J, lors des attaques anglo-canadiennes dans la plaine de Caen, puis du 18 au 20 juillet est engagée dans l'opération Goodwood qui vise à dégager la ville en réalisant une percée à l'est de Caen par une offensive massive de blindés. Dans la foulée Montgomery fait avancer les éléments du 2e Corps canadien sur la crête de Verrières, position dominante entre Caen et Falaise. Il espérait maintenir la pression afin de fixer le plus de forces ennemies pour favoriser une avance plus aisée des Américains dans le secteur ouest. Certains de ses éléments ont été également intégrés aux opérations Atlantic, Spring, Totalize puis Tractable. Du 27 au 29 août ses 4e et 6e Brigades sont engagées dans de violents combats avec l'arrière garde allemande qui cherchait à se retirer par la Seine.

  En septembre 1944, la 1ere Armée canadienne se déplace le long des côtes françaises pour sécuriser les ports de la Manche. Le 1er septembre tandis que la 3rd Division progresse vers Boulogne et Calais, la 2nd entre à Dieppe ne rencontrant presque aucune opposition, elle recevra un acceuil triomphal de la population en souvenir du raid dévastateur de 1942. Après des combats meurtriers dans la péréphérie de Dunkerque, et la libération de son port, la division part en direction d'Anvers. La ville et les quais étaient déjà pris par la Brigade blanche (réseau de la Résistance belge) et la 3rd British Infantry Division, le 6 septembre, mais les Allemands tenaient toujours les ponts sur le Canal Albert, leur donnant le contrôle de l'estuaire de l'Escaut. A défaut d'une poussée immédiate sur l'estuaire, le port d'Anvers vital pour les Alliés resterait inutile tant que la péréphérie de l'Escaut n'était pas sécurisé. La redoutable 15e Armée allemande, qui s'était retirée du Pas-de-Calais avait pu consolider ses positions sur les îles du Zuid-Beveland (Beveland-du-Sud) et de Walcheren, ainsi que du Canal Albert positionné au nord-ouest d'Anvers. Ils bénéficiaient du renfort des troupes de parachutistes de la 1ere armée du général Kurt Student.

  Pendant les premières phases de la bataille, la 2nd Division cherche à forcer le passage du Canal Albert, puis l'ensemble de la 1ereArmée canadienne s'élance à la rencontre des défenses allemandes le 2 octobre. Le 4 la divisioin avait totalement sécurisé le canal et se portait au nord-ouest vers le Beveland-du-Sud et de l'île de Walcheren. Le vendredi 13 octobre, le Black Watch de la 5e Brigade attaque des défenses près de la côte, il perd quatre commandants de compagnie et 200 hommes. Ce jour sera appelé plus tard le "Vendredi noir". Trois jours plus tard le Calgary Highlanders parvient à capturer Woensdrecht, pendant que la 3rd Canadian Infantry Division canadienne et la 4th Canadian Armoured Division (blindée) s'eparent de Bergen, coupant ainsi l'arrivée des renforts allemands par le Beveland-du-Sud et de Walcheren. Durant l'opération Veritable (avance du 21e Groupe d'armée britannique sur la rive ouest du Rhin) initialement prévue pour décembre 1944, mais retardée à février à cause de l'offensive allemande des Ardennes belges, la 2nd division réussi le 8 février en fin de journée à atteindre ses objectifs: les villes fortifiées de Wyler et Den Heuvel. Trois jours plus tard elle se porte au sud-est pour aider le 30e Corps britannique pour l'assaut de Moyland Wood. Dans un deuxième temps la 2nd et 3rd divisions reçoivent l'ordre de prendre la forêt de Hochwald. Après la capture, la 4th DB attaque par la trouée de Hochwald en direction de Wesel, la 2nd emboite le pas et se dirige sur Xanten.

  Le 23 mars 1945, les opérations massives de la traversée du Rhin ont lieu, mais la 2nd division était au repos à ce moment-là, elle traverse une semaine plus tard assez facilement. Après un bref passage par le territoire allemand, la 1ere Armée canadienne se prépare à attaquer les positions ennemies aux Pays-Bas. La 2nd division prend la direction du nord vers Groningue, les neuf jours précédent l'assaut la résistance allemande était légère mais non coordonné, mais lors de l'offensive l'opposition s'accentue entrainant de lourdes pertes parmi les bataillons de la 5e Brigade. Le 13 avril la division se place à l'est pour sécuriser le flanc d'une attaque britannique sur Brême. Le 2 mai elle prend Oldenbourg consolidant la position du Canada dans tous les Pays-Bas. Un cessez-le-feu entre les forces allemande et canadiennes est déclaré le 5 mai 1945, deux jours plus tard, à 2heures14 du matin au siège de l'Etat-major suprême des Forces expédionnaires alliées à Reims  le général suprême des forces armées allemandes Alfred Jodl signe les Actes de capitulation de l'Allemagne nazie.Mais ce n'est que le lendemain ou les principaux généraux du Reich Wilhelm Keitel (Wehrmacht), Hans-Jürgen Stumpff (Luftwaffe) et l'Amiral Hans-Georg von Friedeburg (Kriegsmarine) signent un acte semblable aux Soviétiques que la guerre en Europe prend fin.

  En octobre 1945 après quatre mois aux Pays-Bas, une ordonnance officielle dissout le QG divisionnaire, deux mois plus tard la 2nd Canadian Infantry Division avait été totalement dissoute et renvoyée au Canada.

2_Canadian_Infantry_Division_patch

Emblème divisionnaire. (Puddhe) 

8821892

Cadavre d'un soldat canadien sur les galets de Dieppe en 1942. 

people_canada_foulkes

Mai 1944 Major-général Charles Foulkes.

(Jack H. Smith. Ministère de la Défense nationale / Archives nationales du Canada, PA-133972). 

1857_390

Troupes de la 4e Brigade en 1944.

2nd_Canadian_Infantry_Division_formation_sign

Patch d'identification apposé sur les véhicules de la division. 

Mapnorthernfront

Mouvements canadiens lors de la Bataille de l'Escaut. (Michel Dorosh

2-0_a140881

Soldat de la 2e division.

(Lieut. Ken Bell / Canada. Ministère de la défense nationale / Bibliothèque et Archives Canada / PA-140881)