Parisien d'origine, Bernard Dargols est né en 1920, d'un père russe et d'une mère britannique. La famille vit dans le quartier du Marais, où son père possède une affaire d'importation de machines à coudre. Devant reprendre l'entreprise familiale, à 18 ans Bernard est envoyé en stage de perfectionnement aux Etats-Unis. A son arrivée à New-York, le jeune homme et très vite impressionné par la largeur des rues et la hauteur des gratte-ciels. A cette époque l'Europe vit une période trouble et une guerre semble inévitable, lorsque celle-ci éclate le jeune parisien assiste impuissant à la défaite de l'armée française, par le biais des actualités diffusées dans les salles de cinéma. Toujours aux actualités il voit la poignée de main entre Adolf Hitler et le Maréchal Pétain, à l'entrevue de Montoire le 24 octobre 1940, qui préconise une politique de collaboration. Bernard Dargols se jure alors de ne jamais combattre dans l'armée de Vichy. Son inquiètude est pour les siens là-bas en France, car sa famille paternelle est d'origine juive.

  Résolu à apporter sa contribution à la libération de son pays, Bernard se rend dans une antenne locale des FFL puis tente sa chance au consulat britannique, mais les mois passent sans réponses. Sous les conseils de certains de ses camarades de travail, Bernard Dargols pousse la porte d'un bureau de recrutement de l'US Army. On lui dit qu'il sera appelé dans un an. C'est ce qui se réalise après l'attaque de Pearl Harbor, les Etats-Unis viennent d'entrer de plein pied dans la guerre. Le jeune homme est intégré dans un camp d'entrainement militaire tout d'abord à Fort Dix dans le New-Jersey puis à celui de Croft en Caroline du Sud, où il apprend les bases du métier de soldat. En avril 1943 une cour de justice de Caroline du Sud déclare le soldat Dargols citoyen américain, mais garde son nom de naissance, qu'il aurait pû américaniser.  L'armée s'interesse à son cas, étant donné son bilinguisme et sa parfaite connaissance de la France, il est affecté dans les renseignements militaires. Fin 1943, la 2nd Infantry Division (Tête d'Indien) dont dépend Bernard Dargols embarque pour son tranfert vers le Pays de Galles, où l'entrainement reprend de plus belle.

  Le 5 juin 1944, le jeune français se retrouve embarqué sur un Liberty Ship qui fait route vers les côtes normandes, Le trajet dure trois jours, et la 2nd Infantry Division débarque le 8 juin à Omaha Beach. Après six années d'abscence, c'est avec une certaine émotion qu' il revient enfin au pays dans la peau d'un membre du Military Intelligence Service  Son premier souvenir de la guerre fut le bombardement naval de la plage juste avant son arrivée. Très vite il reçoit l'ordre d'effectuer une reconnaissance avec un GI's de la police militaire à Formigny et en garde une grande frousse, ne sachant encore pas si les Allemands sont encore dans la ville. Progressant avec sa jeep qu'il à baptisée "La Bastille" avec prudence dans le bourg c'est des villageois qui s'approchent d'eux. Il à gardé des contacts amicaux avec certains normands qu'il avait rencontré . De la Normandie à la Bretagne en passant par les Ardennes, le jeune soldat poursuit son travail de collecte et d'étude des renseignements au service de contre-espionnage de l'US Army. En septembre 1944, Paris est déjà libéré, Bernard Dargols se rend dans la capitale pour voir ses proches dont il à eut peu de nouvelles en six ans. C'est sa mère qui l'acceuil, son père et ses deux frères avaient réussis à gagner les Etats-Unis, mais certains membres de sa famille avaient été arrêtés par les Allemands. Il est démobilisé en 1946 et retourne à New-York pour se marier avec sa fiancée une française qu'il avait rencontré pendant sa période américaine dans l'Association des Jeunesses Libres. Le couple déménage et s'installe en France, et Bernard reprend l'affaire que son père avait fondée.

  Resté très discret sur sa participation à la libération de la France, Bernard Dargols ne s'est jamais pris pour un héros, même ses enfants ont appris tard le passé militaire de leur père. Il commence peu à peu à se confier à partir de 1984, notamment pour le quarantième anniversaire du D-Day et continue à donner des conférences dans des écoles ou lycées. En 2009 il a été fait chevalier de la Légion d'honneur.  A 95 ans il garde sa mémoire intacte, en 2012 sa petite-fille Caroline Jolivet à couché sur le papier les souvenirs de son grand-père dans un livre intitulé "Bernard Dargols: un GI français à Omaha Beach " qu'ils ont dédicacés ensemble au Mémorial de Caen en mai 2014 pour une soirée témoignage. Mr Dargols était également présent à Omaha Beach lors des 70 ans du débarquement.

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Bernard Dargols pendant la 2e guerre. (mbl.is)

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Pause "casse-croute" dans le bocage. (france-amérique.com)

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(fr.euronews.com)